L'UE appelle la Serbie et le Kosovo au "dialogue"
BRUXELLES - La chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton a "salué" jeudi l'avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la déclaration d'indépendance du Kosovo et appelé Pristina et Belgrade à se tourner à présent vers l'avenir, en dialoguant.
"L'Union européenne salut la publication de l'avis de la Cour internationale de justice. Nous l'étudions avec grand soin", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
En estimant que la déclaration d'indépendance du Kosovo n'avait pas violé le droit international, la CIJ "a ouvert une nouvelle phase", a jugé Mme Ashton.
"La priorité devrait être à présent de se tourner vers l'avenir. L'avenir de la Serbie se situe dans l'Union européenne, celui du Kosovo aussi (...) les relations de bon voisinage, la coopération régionale et le dialogue sont à la base de l'Union européenne", a encore estimé la Britannique.
Mme Ashton a affirmé que l'UE se "tient prête à faciliter un processus de dialogue entre Pristina et Belgrade", favorable à la paix et la stabilité dans la région.
Les Etats de l'UE sont toutefois divisés sur la déclaration d'indépendance du Kosovo, que cinq pays ne reconnaissent pas à ce jour: Espagne, Slovaquie, Roumanie, Grèce et Chypre.
Le président du Parlement européen Jerzy Buzek a fait écho aux propos de Mme Ashton en appelant "à respecter l'avis de la CIJ".
Au-delà, il a invité la Serbie et le Kosovo à utiliser cet avis "comme instrument de réconciliation plutôt que comme une excuse pour prolonger leur conflit diplomatique".
"A présent, les dirigeants des deux côtés doivent se mettre d'accord sur une solution durable, qui est dans l'intérêt de leurs peuples, dans l'intérêt des populations des Balkans occidentaux, de l'Union européenne et de la communauté internationale dans son ensemble", a jugé M. Buzek.
Pour sa part, l'Otan a indiqué qu'elle continuerait, par l'intermédiaire de la KFOR, "de faire son travail" au Kosovo pour protéger "toutes les communautés" après l'avis de la Cour internationale de justice sur l'indépendance du territoire.
A l'issue du conflit avec la Serbie, la KFOR, force chargée de la sécurité du territoire par une résolution de l'ONU (1244) et commandée par l'Otan, s'est déployée en juin 1999 et a compté jusqu'à 50.000 militaires. Elle n'est plus constituée aujourd'hui que de quelque 9.900 soldats, d'après les données de l'Otan.
(©AFP / 22 juillet 2010 19h37)