L'OSCE et la Seemo condamnent l'agression d'un journaliste en Serbie
VIENNE - L'OSCE et l'Organisation pour les médias en Europe du sud-est (Seemo) ont condamné lundi l'agression à coup de barres de fer du journaliste serbe Teofil Pancic, samedi soir près de Belgrade.
L'éditorialiste de l'hebdomadaire Vreme (Le Temps), hospitalisé pour des contusions à la tête et aux bras, a souvent dénoncé le nationalisme ou le hooliganisme lié au sport.
"Je suis très inquiète des récentes attaques physiques à l'encontre de journalistes en Serbie. Ces attaques réduisent au silence les journalistes critiques et courageux et fragilisent les valeurs démocratiques du pays", a déclaré la représentante pour la liberté des médias de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), Dunja Mijatovic, citée dans un communiqué.
Le secrétaire général de la Seemo, Oliver Vujovic, a pour sa part "condamné fermement" l'agression contre Teofil Pancic, perpétrée à Zemun, à la périphérie de Belgrade, agression qu'il considère comme "une violation flagrante de la liberté de la presse".
"La situation de la liberté de la presse reste alarmante (en Serbie). Il est très préoccupant que des agressions physiques brutales contre des journalistes, telles que celle ci, se produisent encore", a ajouté M. Vujovic.
"Il est primordial non seulement de retrouver les agresseurs présumés, mais de découvrir qui est le maître d'oeuvre derrière" cette attaque, a poursuivi le responsable de la Seemo.
La représentante de l'Osce a salué pour sa part les condamnations de l'agression par les dirigeants politiques serbes.
"Je suis encouragée par les engagements pris par le gouvernement et les services de police de mettre tout en oeuvre pour élucider cette attaque et toutes les précédentes contre les journalistes", a-t-elle ajouté.
La Seemo a néanmoins invité le ministre serbe de l'Intérieur, Ivica Dacic, a "tenir sa promesse" de protéger les journalistes des "menaces tant verbales que physiques".
Des agressions telles que celle perpétrée contre Teofil Pancic ont déjà eu lieu après des enquêtes sur la criminalité organisée, les crimes de guerre dans les années 90 ou encore des dénonciations des milieux ultra-nationalistes.
La plupart de ces agressions n'ont pas été élucidées, tout comme l'assassinat de trois journalistes tués sous le régime de l'ex-président Slobodan Milosevic et après sa chute.
La Seemo relève de l'Institut international de la Presse (IPI) basé à Vienne.
(©AFP / 26 juillet 2010 16h15)