FMI/BM/Réunion de printemps: réforme l'institution approuvée
reprise de dimanche, synthèse
Washington (AWP/ats/afx) - L'instance politique du Fonds monétaire international a approuvé la réforme de l'institution lors de sa réunion de printemps samedi à Washington. Elle a également abordé la crise économique mondiale, exigeant une réponse "déterminée" de l'ensemble des pays membres.
Le Comité monétaire et financier international (CFMI) a fait part de sa satisfaction suite à l'accord obtenu par le conseil d'administration sur la réforme des quotas et des voix. Pour l'instance, il s'agit d'une "contribution importante pour améliorer la crédibilité et la légitimité du fonds".
"Il y a vraiment très peu de chances que nous n'obtenions pas les 85% (de voix) requises", auprès des ministres des finances qui doivent encore s'exprimer individuellement d'ici le 28 avril, a jugé le nouveau directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn.
Le Comité s'est également dit d'accord avec le nouveau cadre budgétaire du FMI, qui va se traduire par une réduction nette de ses dépenses de 13,5% en termes réels d'ici trois ans.
Parmi les points en suspens évoqués par le CMFI figure notamment la nécessité de verser un dividende aux actionnaires. Le Comité espère que tous ces points seront réglés pour l'assemblée générale du Fonds en octobre.
L'accueil positif réservé par les membres du CMFI à la réforme n'est pas étranger à la conjoncture, a souligné son directeur Tommaso Padoa-Schioppa.
"Le fait que la plus pertinente des institutions économiques et financières multilatérales du monde ait la capacité de se réformer à ce moment précis constitue en soi une réponse à la crise," a déclaré le ministre de l'économie italien.
Le Comité de Développement, l'instance politique de la Banque mondiale, a demandé dimanche à la direction de l'institution de travailler à une réforme similaire de sa gouvernance.
Le Comité a relevé "l'importance d'augmenter les voix et la participation de tous les pays en développement et en transition". Il a aussi fixé à la direction de la Banque mondiale un court délai - jusqu'à sa réunion d'automne - pour faire des propositions concrètes.
L'instance dirigeante du Fonds monétaire international a affirmé samedi que la crise économique était de "nature mondiale" et exigeait une réponse "déterminée" de l'ensemble des pays membres.
Dans son communiqué final, le CMFI ne fait nulle mention de la responsabilité des Etats-Unis dans la genèse de cette crise financière, la plus grave depuis le krach de 1929, selon certains économistes.
L'instance a relevé que l'instabilité financière mondiale s'était accrue depuis sa dernière réunion, à l'automne. "La croissance économique mondiale a ralenti et les perspectives de croissance pour 2008 et 2009 se sont détériorées".
Les principaux facteurs de risque pesant sur la conjoncture tiennent "aux évènements qui continuent à se passer sur les marchés financiers et à la dégradation potentielle des cycles du logement et du crédit", a-t-il noté.
Le communiqué ne contient par ailleurs aucune référence à la "troisième ligne de défense" souvent mentionnée par Dominique Strauss-Kahn: l'utilisation de fonds publics pour aider les banques, venant compléter l'action de la politique monétaire et de la politique budgétaire.
Le CMFI a souligné que la réponses des autorités nationales était compliquée par le redémarrage de l'inflation, notamment de l'alimentation et des carburants. Les pouvoirs publics, a-t-il relevé, doivent continuer à répondre au défi présenté par la crise financière, en soutenant l'activité, tout en faisant en sorte que l'inflation soit maintenue sous contrôle.
Reprenant les recommandations faites la veille par le Forum de stabilité financière, le FMI a appelé les grandes banques à faire toute la lumière sur leurs pertes potentielles dues à la crise du "subprime".
ats/afx/rp
(AWP/14 avril 2008 06h35)