PETROLE/Le brut sous les 125 dollars, confirmation de baisse de la demande US
reprise de la veille
New York (AWP/AFX) - Les prix du pétrole ont poursuivi leur reflux mercredi à New York, terminant sous les 125 dollars le baril, alors que le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Energie (DoE) a confirmé les craintes du marché sur une baisse de la consommation aux Etats-Unis.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre a chuté de 3,98 dollars par rapport à son cours de clôture de la veille, pour finir à 124,44 dollars.
A Londres, le baril de Brent pour livraison en septembre a lâché 4,26 dollars, terminant à 125,24 dollars.
"Le ciel s'éclaircit sur le marché du pétrole, et je ne parle pas seulement de la tempête Dolly, mais aussi de la situation macroéconomique", a résumé Phil Flynn, d'Alaron Trading.
Alors que le marché spéculait sur l'impact du ralentissement économique sur la consommation d'or noir, le rapport hebdomadaire du DoE a montré des nouveaux signes d'essoufflement de la demande.
Certes, selon le DoE, les réserves de brut des Etats-Unis ont fondu de 1,6 million de barils la semaine dernière, soit plus que prévu.
Mais dans le même temps, les stocks d'essence, particulièrement observés pendant la période des déplacements estivaux en voiture, se sont étoffés de 2,9 millions de barils, une progression bien plus importante que celle attendue par les analystes, de seulement 200'000 barils.
La consommation d'essence a reculé de 2,4% comparé à l'année dernière.
"Sans surprise, on voit l'impact de la baisse de la demande", sous l'effet des prix élevés à la pompe, a expliqué Antoine Halff, de Newedge group.
"Les raffineurs réduisent leurs activités et diminuent leurs importations face aux prix très élevés, la demande est affectée par les prix et le ralentissement économique, donc la correction continue, c'est le début d'un renversement qui va se prolonger", a ajouté l'analyste, qui pronostique un plongeon jusqu'à 100 dollars, "sauf surprise géopolitique".
Côté offre, les craintes suscitées par le passage de l'ouragan Dolly dans le Golfe du Mexique, qui concentre le quart des installations pétrolières américaines, se sont apaisées.
Dolly s'est cantonnée à l'ouest du Golfe, épargnant les plateformes offshore, avant de toucher les terres au niveau de la frontière américano-mexicaine.
"L'ouragan ne va probablement pas provoquer assez de précipitations dans la région de Houston (au Texas) pour menacer les activités des raffineries, mais la situation devra être suivie avec attention lors des prochains jours", a estimé Mike Fitzpatrick, de MF Global.
"Il n'y a pas de destruction d'offre en ce moment, et il y a eu une série de bonnes nouvelles qui ont permis aux cours de se replier", a jugé de son côté Fadel Gheit, d'Oppenheimer.
Et l'analyste de citer, outre le recul de la demande, un certain apaisement des tensions sur le dossier nucléaire iranien et le regain de vigueur du dollar, qui s'échangeait autour de 1,57 dollar pour un euro mercredi.
afx/rp
(AWP/24 juillet 2008 06h21)