Crise/Allemagne: BayernLB supprime plus de 25% de ses emplois
Francfort (AWP International) - La banque publique régionale de Bavière (sud) BayernLB, en grande difficulté financière, a annoncé lundi qu'elle allait licencier plus d'un quart de ses effectifs d'ici 2013.
Au total, 5600 de ses 19'200 salariés dans le monde vont devoir quitter l'établissement, soit 29% des effectifs, a annoncé la banque dans un communiqué.
L'écrasante majorité des licenciements concerneront l'étranger dans les cinq ans à venir, avec 800 suppressions de postes prévues en Allemagne, a précisé un porte-parole de BayernLB.
Le plan massif de restructuration doit permettre d'économiser 670 millions d'euros sur les cinq prochaines années, selon un communiqué de la banque. BayernLB prévoit aussi de réduire ses activités dans le monde.
BayernLB sera "plus petite et va mettre fin à de nombreuses activités (...) mais elle sera ainsi moins exposée à des risques non calculables", selon son patron Michael Kemmer, cité dans le communiqué.
La banque bavaroise veut désormais se recentrer sur sa région, le marché allemand et les PME, en coopération avec les caisses d'épargne.
Elle va se retirer complètement d'Asie en fermant ses agences à Hong Kong, Shanghai, Pékin, Tokyo et Bombay. Ses bureaux à Londres et à New York seront également "considérablement réduits".
En Europe continentale, BayernLB ferme sa succursale à Milan et prévoit des restructurations dans sa banque en ligne Direktbank DKB et dans sa filiale autrichienne Hypo Group Alpe Adria, très active dans les Balkans et en Europe orientale.
La banque, touchée de plein fouet par la crise, avait appelé vendredi à la rescousse les pouvoirs publics, et surtout son actionnaire, l'Etat régional de Bavière, qui va finalement se charger seul de fournir 10 milliards d'euros de recapitalisation à la banque.
Jusqu'à présent, BayernLB était détenue à parts égales par la Bavière et les caisses d'épargne régionales. Après son injection massive de capital, l'Etat bavarois va devenir son principal actionnaire.
Il a paru "économiquement plus sensé que la banque s'endette auprès de l'Etat régional et non l'Etat fédéral", a déclaré lundi lors d'une conférence de presse le ministre des Finances bavarois, Georg Fahrenschon (CSU, conservateur).
La Bavière devait injecter 7 milliards d'euros et Berlin 3 milliards via le Fonds fédéral d'aide au secteur bancaire (SoFFin). Celui-ci met à disposition de la banque 15 milliards de garanties et 6 milliards d'euros de provisions pour risques sur des titres adossés à des actifs (ABS).
Les conditions de l'aide fédérale, qui devaient allier recapitalisation et garanties, sont apparues à l'Etat bavarois et à BayernLB comme "très complexes, et partiellement handicapantes", a ajouté M. Fahrenschon.
BayernLB a été la première banque allemande à solliciter le plan d'aide de l'Etat au secteur bancaire en octobre. Elle avait alors demandé 5,4 milliards d'euros de recapitalisation à l'Etat et un milliard de plus à ses actionnaires.
BayernLB n'est pas la seule banque publique régionale à être affectée par la crise en Allemagne. D'autres, comme LBBW ou HSH Nordbank, ont eux aussi dû appeler leurs actionnaires à leur secours, voire l'Etat fédéral allemand.
rp
(AWP/01 décembre 2008 13h47)