Airbus "vigilant" sur les difficultés de clients au 2e semestre 2010 (CEO)
Toulouse (awp/afp) - Airbus est "très vigilant" sur les difficultés des compagnies aériennes liées à la crise, à l'horizon de "la deuxième moitié de 2010", et pourrait réduire sa production en fonction de leur situation, a déclaré vendredi le directeur général d'Airbus Fabrice Brégier.
"La crise nous affecte de 15 à 20% en production puisque nous ramenons le 1er octobre nos cadences de moyens courriers A320 à 34 par mois contre 36, alors que nous avions espéré passer à 40 par mois: il n'y a pas de raison de penser à une nouvelle réduction de production, mais on est très vigilant", a déclaré M. Brégier devant une assistance de patrons et décideurs, invités par le magazine toulousain Objective news.
"On doit regarder le cas de compagnies qui nous causent soucis pour la deuxième moitié de 2010, il faut trouver des solutions avec elles, on a encore le temps d'ajuster la production, il faut éviter les grands à coups", a-t-il expliqué.
"Je n'exclus certainement pas que nous puissions abaisser encore notre production", avait déjà déclaré vendredi dernier le patron d'Airbus Thomas Enders dans un entretien au quotidien américain Wall Street Journal.
Le numéro deux d'Airbus a par ailleurs confirmé qu'il serait "extrêmement difficile" de tenir l'objectif de 300 commandes sur l'année 2009 (125 engrangées à ce jour) mais a souligné que "c'est secondaire".
"On a un carnet de commandes de 3.500 avions, ce qui compte c'est de ne pas perdre des commandes et de maintenir un rythme de livraisons acceptable sur 2010 (480 prévus en 2009, comme en 2008)", a-t-il ajouté.
M. Brégier a aussi évoqué le développement du programme de long courrier A350 sur lequel "on a doublé la part des partenaires partageant le risque d'investissement" tout en estimant que "Boeing est allé beaucoup trop loin dans la sous-traitance sur son programme 787".
"Nous avons reçu près de 500 commandes en trois ans, c'est plus rapide que le 787 et nous tablons sur 2000 à 2500 ventes au total, le défi c'est maintenant de livrer l'avion à la mi-2013", a déclaré M. Brégier.
Le dirigeant du constructeur européen (groupe EADS) s'est enfin réjoui de la "renégociation" en cours du contrat sinistré de l'avion européen de transport militaire A400 M avec les Etats.
"On ambitionne de ne perdre que 2,3 milliards d'euros après avoir livré 180 avions aux forces européennes, - un désastre absolu -, mais c'est notre tribut pour sortir ce grand programme de l'ornière, et nous misons ensuite sur l'exportation de 200 avions", a-t-il ajouté.
gh
(AWP/25 septembre 2009 12h49)