PRESSE/CH/Italie: H.-R. Merz prêt à coopérer dans le domaine de la fiscalité
Milan (awp/afp) - Le président suisse, qui avait dénoncé la semaine dernière des "attaques" contre sa place financière de la part de l'Italie qui a récemment adopté une loi d'amnistie fiscale, a assuré mardi dans la presse que son pays était prêt à collaborer avec Rome.
"Nous sommes prêts à collaborer avec tous les pays qui le désirent. J'espère que l'Italie et le ministre de l'Economie Giulio Tremonti le désirent autant que nous", déclare Hans-Rudolf Merz, qui est également ministre des Finances, dans un entretien au quotidien économique Il Sole 24 Ore.
"Je comprends la pression à laquelle est soumise le canton du Tessin et ses réactions" contre l'amnistie fiscale mise en place par l'Italie mais "nous voulons en premier lieu dialoguer avec nos voisins, trouver des solutions qui puissent satisfaire tout le monde", poursuit-il.
Le président suisse qualifie cependant "d'inacceptable" le fait que l'Italie ait placé des caméras aux frontières avec la Suisse pour détecter les évadés fiscaux.
Il déplore en outre l'organisation de contrôles sur le territoire suisse comme le dénoncent les élus du Tessin, canton dont les habitants parlent l'italien et où est placé une grande partie de l'argent des Italiens caché au fisc.
"Cela ne contribue pas au développement de bonnes relations entre nos deux pays, ce sont des méthodes d'un Etat policier, nous vivons sur un continent libre", a-t-il lancé.
Rome a mis en place une amnistie fiscale permettant à ses citoyens de rapatrier leurs avoirs cachés à l'étranger moyennant le paiement d'une amende équivalente à 5% de la somme. Lancée le 15 septembre, cette amnistie dure jusqu'au 15 décembre.
"Conformément au désir de l'Italie, la Suisse a proposé la révision de la convention de double imposition entre nos deux pays, appliquant les normes de l'OCDE sur l'échanges d'informations. La balle est désormais dans le camp de l'Italie", dit encore le président suisse.
La Suisse, qui a décidé en mars de se conformer aux normes de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a subi la fronde des grands pays européens et des Etats-Unis pour assouplir son secret bancaire.
sm
(AWP/27 octobre 2009 12h24)