Italie/Amnistie fiscale: Hans-Rudolf Merz renonce à des sanctions
Lugano (awp/ats) - Le président de la Confédération et ministre des finances Hans-Rudolf Merz ne veut pas prendre des mesures de rétorsion contre l'amnistie fiscale de l'Italie. Il oppose ainsi une fin de non-recevoir aux revendications tessinoises.
"Je comprends la réaction du Tessin", a déclaré Hans-Rudolf Merz dans une interview publiée mardi par le journal économique italien "il Sole 24 Ore". Le Conseil fédéral soutiendra le canton, a-t-il ajouté.
Mais le président refuse de prendre des sanctions contre l'Italie. Il vaut beaucoup mieux trouver des solutions "qui contentent tout le monde et ne portent préjudice à personne." Hans-Rudolf Merz espère ainsi pouvoir éviter la confrontation entre la Suisse et l'Italie.
Une position qui ne l'a pas empêché de critiquer indirectement l'amnistie fiscale italienne. Pour la Suisse, une telle mesure n'entre pas en ligne de compte car elle est moralement et juridiquement douteuse, a-t-il expliqué.
Les conséquences de l'amnistie fiscale italienne sur la place financière suisse ne sont pas mesurables, a encore indiqué M. Merz. Cette dernière possède une très bonne réputation grâce à son professionnalisme. "Je ne me fais pas de souci pour son avenir", a-t-il déclaré.
L'optimisme est moindre au Tessin: dans une lettre récente, le gouvernement cantonal s'est dit "très inquiet" des conséquences de l'amnistie fiscale. Selon le Conseil d'Etat, de nombreux emplois sont menacés. C'est pour cette raison qu'il a demandé au président de la Confédération d'intervenir énergiquement à Rome.
Le gouvernement se heurte à la manière dont l'Italie pourchasse l'évasion fiscale: pour lui, les caméras de surveillance aux frontières et les enquêteurs civils qui espionnent des clients italiens de banques en Suisse sont inacceptables.
L'objectif de cette offensive est "d'assécher la place bancaire luganaise", selon les termes du ministre des finances et de l'économie italien Giulio Tremonti. Mardi, le fisc italien a mené une opération "coup de poing" contre les banques suisses et contrôlé 76 établissements.
Selon les estimations, entre 20 et 50% des clients italiens devraient légaliser leur argent caché au Tessin. Pour cette raison, des voix se font entendre pour demander des mesures de rétorsion: la Lega, l'UDC et le PDC veulent par exemple réduire la part de l'impôt à la source des frontaliers qui est versée à l'Italie.
L'UDC et la Lega évoquent aussi la possibilité de ne plus accorder de permis de travail aux frontaliers italiens au Tessin.
ats/jq
(AWP/27 octobre 2009 14h26)