PÉTROLE/Le brut perd près de trois dollars avec des craintes sur la demande
Londres (awp/afp) - Les cours du pétrole perdaient près de trois dollars vendredi en fin d'échanges européens, avec des craintes sur la demande en raison d'indicateurs inquiétants et d'un regain du billet vert, les investisseurs prenant en outre prudemment leurs profits.
Vers 17H30 GMT (18H30 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord, échangé à Londres, pour livraison en décembre, perdait 2,84 dollar à 75,20 dollars.
A la même heure, le baril de "light sweet crude", échangé à New York, pour la même échéance, perdait 2,87 dollars à 77 dollars.
"Les marchés ont fini en baisse vendredi après de gros mouvements de vente sur les matières premières" commentait Joshua Raymond, de City Index. "Les matières premières ont été tirées vers le bas avec le renforcement du dollar et alors que les investisseurs ont perdu de leur optimisme cette semaine et s'éloignent des actifs considérés comme risqués" ajoutait-il.
Ils en profitaient donc pour prendre leurs bénéfices, après un bond de deux dollars jeudi, le retour à la croissance des Etats-Unis ayant servi de prétexte aux investisseurs à la recherche de profits, expliquait l'analyste.
Le produit intérieur brut de la première économie mondiale s'est en effet affiché en hausse sur cette période de 3,5% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent.
Mais, vendredi, les indicateurs ont montré de nouveaux signes de faiblesse dans la reprise économique attendue tant en Europe qu'aux Etats-Unis, signe inquiétant pour la demande de pétrole.
Décourageant les achats d'or noir, les statistiques ont affiché une nouvelle baisse des dépenses de consommation des ménages aux Etats-Unis en septembre de 0,5% par rapport au mois d'août, tandis que se poursuivait la baisse des prix liés aux dépenses de consommation des ménages américains en septembre au même rythme que le mois précédent, soit 0,5% sur un an.
Par ailleurs, l'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan a été laissée inchangée vendredi pour le mois d'octobre.
En Europe, des chiffres indiquaient un cinquième mois d'affilée de recul des prix en octobre pour la zone euro, un chômage en hausse en septembre à 9,7% et un nouveau recul des ventes de détail en Allemagne en septembre, de 0,5% comparé au mois précédent.
Ces données ont fait remonter le billet vert, valeur refuge, ce qui a par ricochet éloigné davantage les investisseurs des matières premières, libellées en dollars.
Même les chiffres de la croissance américaine, qui avaient offert une bonne surprise la veille, ne suffisaient pas à rassurer le marché.
"Le pétrole demeure trop cher et la croissance du Produit intérieur brut américain (...) ne veut pas dire que les Etats-Unis sont tirés d'affaire, et c'est valable pour le reste du monde", notait le cabinet JBC Energy, qui ajoutait que les prix devraient également subir une pression baissière des bons niveaux de production et de stocks tant aux Etats-Unis qu'en Chine.
En outre, alors que les stocks de produits pétroliers restent à des niveaux toujours très élevés, la consommation américaine de produits pétroliers a reculé de 3% sur les quatre dernières semaines par rapport à la même période de 2008.
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(AWP/30 octobre 2009 18h37)