Fonds spéculatifs: la Suisse, en particulier Genève, peut s'affirmer (étude)
Zurich (awp/ats) - La branche des fonds spéculatifs, les hedge-funds, a désormais passé un cap difficile après l'éclatement de la crise financière. Toutefois, selon une étude de Ernst & Young, elle craint de nouvelles règles et impôts. Dans ce contexte, la Suisse pourrait tirer son épingle du jeu.
"Si la charge fiscale devait demeurer au niveau actuel de 50% en Grande-Bretagne, comme l'estime le cabinet Brown, cela pourrait pousser des hedge-funds à s'implanter en Suisse", a précisé vendredi à Zurich Cataldo Castagna, expert fiscal chez Ernst & Young et co-auteur de l'étude. La région genevoise pourrait alors bien profiter d'un tel mouvement.
D'ailleurs quelques fonds spéculatifs étrangers sont récemment venus s'implanter sur les rives du Léman. Certes Dublin ou Luxembourg représentent des sites intéressants, mais de nombreux gestionnaires de fonds et leur famille ont un faible pour la qualité de vie en Suisse, selon M. Castagna.
"Et actuellement nombre d'entre eux lancent de premiers coups de sonde", ce qui ne facilite pas une estimation du nombre de fonds qui pourraient s'établir à l'avenir en Suisse. Les hedge-funds se verraient bien rester à Londres, mais pour l'heure, ils manquent de confiance envers les autorités britanniques.
Conséquence de la crise, les fonds spéculatifs, des instruments financiers complexes et souvent risqués, mais très lucratifs, ont gagné en transparence. Ils disposent aussi désormais d'une liquidité supérieure à celle qu'ils présentaient avant l'éclatement de la tempête financière, selon l'étude. Les investisseurs exigent désormais des explications précises quant à ces produits financiers très étendus.
De manière générale, les 100 gérants de fonds interrogés dans le cadre de l'étude estiment que la situation de la branche s'est calmée. Toutefois, les plus petits acteurs de ce secteur devraient souffrir de coûts en hausse, de la pression sur les taxes ainsi que d'un accès plus difficile au marché. A l'avenir, les hedge-funds devraient se tourner davantage vers les investisseurs institutionnels, comme les caisses de pension.
Rétablis après la crise, les fonds spéculatifs attendent avec anxiété la mise en oeuvre de nouvelles règles, notamment celles de l'Union européenne (UE). Ceux-ci craignent tout particulièrement un mouvement de sur-régulation. Si les lignes directrices que Bruxelles envisage actuellement devaient au final demeurer aussi sévères, un sixième des 100 hedge-funds sondés mettrait fin à ses activité dans l'UE.
ats/ft
(AWP/20 novembre 2009 15h41)