Hypo Group Alpe Adria: l'Autriche et ses grandes banques à la rescousse
Vienne (awp/afp) - Le gouvernement et les grandes banques autrichiens acceptent en principe de venir à la rescousse de la sixième banque du pays, Hypo Group Alpe Adria (HGAA), la filiale menacée de faillite de la banque publique bavaroise BayernLB, ont annoncé dimanche soir les médias autrichiens au terme de deux jours de négociations intenses.
Le ministre autrichien des Finances Josef Pröll, après avoir discuté avec son homologue bavarois Georg Fahrenschon, avait convoqué dimanche en début de soirée les PDG des trois plus grandes banques autrichiennes, Raiffeisen, Bank Austria (Unicredit) et Erste Bank.
Au terme de quatre heures de discussions, les banques ont annoncé qu'elles accepteraient d'accorder des crédits à la HGAA à condition que l'Etat autrichien en prenne le contrôle, selon l'agence de presse APA et le quotidien Der Standard.
Aucun détail n'a été fourni sur le montant de ces crédits et liquidités qui devraient bénéficier d'une garantie de l'Etat. De même, on ignore comment la nationalisation de la HGAA, dont la BayernLB détient toujours 67,08%, va pouvoir se faire. Cela fera l'objet de discussions dans les prochains jours.
La HGAA doit trouver de toute urgence 1,5 milliard d'euros notamment pour respecter l'obligation légale de détenir au moins 4% de fonds propres.
Samedi soir, M. Pröll avait laissé entendre qu'en fin de compte l'Etat autrichien "fera partie de la solution" pour sauver cette banque qui, jusqu'à son rachat par la BayernLB en 2007, avait permis à l'ex-gouverneur de Carinthie, Jöerg Haider (décédé en octobre 2008), de financer de nombreux projets de cette province du sud de l'Autriche.
Le ministre des Finances avait cependant toujours conditionné toute aide de l'Etat à une participation substantielle des actionnaires de HGAA: outre la BayernLB, l'assureur autrichien Grazer Wechselseitige (20,48%) et la province de Carinthie (12,42%), elle-même fortement endettée.
HGAA a annoncé récemment des pertes "supérieures à un milliard d'euros" pour 2009, mais sa disparition pourrait entraîner une onde de choc catastrophique dans les Balkans où elle détient entre 10 et 35% du marché selon les pays.
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(AWP/14 décembre 2009 06h31)