FOCUS/Russie: 2009, année noire pour l'économie
Moscou (awp/afp) - L'économie russe, après avoir affiché des années durant des taux de croissance enviables, a subi en 2009 une spectaculaire descente aux enfers, du jamais vu depuis 1994, signal que le pays doit s'atteler d'urgence à des réformes.
Selon des chiffres provisoires publiés lundi par l'agence russe des statistiques Rosstat, la Russie a vu son Produit intérieur brut (PIB) plonger de 7,9% en 2009. Une chute d'autant plus abrupte que le pays pouvait se vanter en 2008 d'un taux de croissance flatteur de 5,6%.
Le chiffre de 2009 est néanmoins légèrement meilleur que ce qu'avait prévu le gouvernement : le vice-ministre russe du Développement économique, Andreï Klepatch, avait en effet indiqué en décembre tabler sur un recul de 8,5% du PIB. Le Premier ministre Vladimir Poutine avait de son côté estimé un peu plus tôt que la chute serait comprise entre 8,5 et 8,7%.
Il n'en reste pas moins que le pays n'avait plus connu une telle dégringolade depuis 1994, année au cours de laquelle son PIB avait plongé de 12,7% par rapport à l'année précédente.
La Russie, dont l'économie repose essentiellement sur les ventes d'hydrocarbures (qui représentent 60% de ses exportations), a en effet été durement ébranlée par la chute de leurs cours sur les marchés mondiaux.
Mais elle a aussi subi un assèchement des liquidités, qui a mis à genoux toute une série d'entreprises qui avaient bâti leur développement sur le recours au crédit.
Résultat, la quasi-totalité de ses secteurs d'activités ont été affectés. En tête, celui de la construction, qui a observé un recul de 16,4% du PIB, suivi de celui de l'hôtellerie et de la restauration (-15,4%) et des industries de transformation (-13,9%).
Ces derniers mois, le président russe Dmitri Medvedev a reconnu que son pays risquait de rester dans une impasse s'il ne se décidait pas à diversifier son économie pour que celle-ci ne soit plus aussi dépendante des hydrocarbures.
Mais de l'avis de nombreux analystes, ces appels en restent au stade de la rhétorique et peinent à être concrétisés.
Toutefois, les autorités russes, encouragées par la remontée progressive en cours d'année des prix du pétrole, estiment que le pic de la crise est passé et que le pays a commencé à émerger de la récession au troisième trimestre.
Et pour 2010, le ministère russe du Développement économique table sur un retour à la croissance et une hausse de 3,1% du PIB.
Une embellie à laquelle veulent croire les agences de notation financière Standard and Poor's et Fitch, qui ont toutes deux relevé récemment la perspective du pays à "stable", contre "négative".
Pour Chris Weafer, analyste de la banque d'investissement moscovite Uralsib, "la croissance continue, l'inflation basse et le déclin des taux d'intérêt" observés ces derniers temps sont des éléments positifs, mais le pays reste vulnérable aux chocs extérieurs.
jq
(AWP/01 février 2010 13h10)