CH/Agriculture: un livre blanc d'experts propose une nouvelle politique
Berne (awp/ats) - La réforme de la politique agricole suisse menée depuis une vingtaine d'années est nettement moins efficace que ne l'affirment régulièrement les sources officielles et les milieux paysans. Fort de ce constat, des experts proposent une nouvelle voie dans un livre blanc.
Cet ouvrage analyse les réussites et les carences de l'actuelle politique agricole et propose des solutions concrètes. Il est le fruit du travail de plusieurs experts réunis dans l'atelier de réflexion indépendant baptisé "Vision Landwirtschaft" (Vision pour l'agriculture), créé en 2007. Ce livre blanc est édité en allemand, avec un résumé en français.
Un des rares Romands parmi ces experts n'est autre que Philippe Roch, ancien chef de l'Office fédéral de l'environnement. Le livre blanc auquel il a participé, s'il met en avant le rôle environnemental de l'agriculture, ne néglige pas pour autant les notions de revenu et d'approvisionnement.
Dans une analyse détaillée de la situation actuelle, il apparaît que la nouvelle politique agricole ne met en oeuvre que dans une mesure insatisfaisante le mandat constitutionnel. Elle se montre même parfois défaillante, écrit l'atelier de réflexion dans le résumé proposé sur son site internet.
Cette situation est imputable aux multiples erreurs d'incitation propres à un système très complexe, contradictoire et de moins en moins contrôlable au niveau de ses répercussions. Le livre blanc donne plusieurs exemples. Il explique notamment pourquoi l'agriculture ne dégage pratiquement plus aucun revenu net en moyenne.
Le livre blanc propose de baser la nouvelle politique agricole sur les prestations. L'enveloppe accordée par l'Etat resterait la même, mais le système serait simplifié et optimisé. Cette réorientation du système permet d'atteindre les objectifs définis jusqu'à présent.
Outre des améliorations considérables au niveau des prestations d'intérêt commun, la situation des revenus agricoles s'en trouverait en même temps améliorée surtout à moyen terme. Les grandes différences de revenus actuelles entre la vallée et la montagne s'aplaniraient, affirment les experts.
Pour ces derniers, les encouragements inopportuns ne sont pas les seuls responsables des carences. D'autres secteurs méritent d'être réformés, à l'image de la formation agronomique, encore exclusivement axée sur l'accroissement de la production et la technologie. Beaucoup d'autres aspects du mandat constitutionnel, comme la nature et le paysage, ne sont en revanche pratiquement jamais traités.
ats/rp
(AWP/26 février 2010 12h30)