Forte hausse des demandeurs d'emploi en mai en France

Paris - La France a enregistré en mai un bond de 24.800 demandeurs d'emploi sans activité, atteignant un nouveau record de 3,388 millions de chômeurs en métropole, chiffres qualifiés de mauvais par le Premier ministre Manuel Valls.

Depuis l'élection du président socialiste François Hollande en mai 2012, près d'un demi-million de nouveaux demandeurs d'emploi sans activité ont été enregistrés en France. La dernière baisse remonte à octobre 2013.

Le mois dernier, en incluant ceux qui ont exercé une petite activité, ce sont même 34.300 chômeurs supplémentaires (+0,7%) qui ont été recensés, soit un total de 5,02 millions, un autre plus haut historique. Outre-mer compris, ils étaient 5,32 millions.

L'heure est à l'action et c'est la responsabilité de tous, a déclaré jeudi Manuel Valls. Je compte sur les entreprises de France, avec les moyens que nous allons leur donner, la baisse du coût du travail, la baisse de la fiscalité, pour inverser la tendance, a-t-il ajouté.

Pour le ministère du Travail, ces chiffres, qui ne sont pas bons, sont le reflet d'une croissance plus faible que prévu au premier semestre.

En mai, aucune catégorie n'échappe à la flambée du chômage : elle atteint +0,4% pour les moins de 25 ans, sur lesquels se concentrent les efforts du gouvernement. Leur nombre reste toutefois en baisse de 3,1% sur un an.

Ce sont toujours les personnes de plus de 50 ans sans emploi qui paient le plus lourd tribut: +0,8% en mai et +11,5% sur un an, une véritable explosion.

Signe de la violence et de la longueur de la crise, le nombre de chômeurs de longue durée atteint lui aussi des niveaux historiques: 2,13 millions de personnes pointent depuis plus d'un an (+0,8% sur un mois, +10,3% sur un an).

Échaudé par l'échec de l'inversion de la courbe du chômage promise par le chef de l'Etat pour fin 2013, le ministre du Travail, François Rebsamen, s'est fixé l'objectif de ramener le nombre de demandeurs d'emploi le plus près possible des trois millions d'ici à la fin du quinquennat.

Mardi, il s'est montré très prudent, engageant les esprits à ne pas s'attendre à une embellie en 2014. Alors que le taux de chômage était de 9,7% en métropole au premier trimestre (10,1% avec l'outre-mer), François Rebsamen a modestement dit espérer une stabilisation cette année sous le seuil des 10%, avant une éventuelle diminution l'an prochain.

L'Institut des statistiques a annoncé mardi soir prévoir une légère hausse du chômage (+0,1 point) d'ici à la fin de l'année.

François Hollande a lui-même estimé début mai qu'il n'aurait pas la crédibilité nécessaire pour briguer un second mandat en 2017 si le chômage ne baissait pas avant.

(©AFP / 26 juin 2014 19h37)