GB: rejet d'un moratoire national sur l'exploitation du gaz de schiste

Londres - Un moratoire national sur l'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni a été rejeté lundi lors d'un vote au Parlement, mais le gouvernement a accepté de durcir les conditions d'extraction dans le pays et de l'interdire totalement dans les parcs nationaux.

Un groupe de députés de tous bords avait proposé ce moratoire lundi dans le cadre du passage au Parlement britannique de la loi sur les infrastructures, dont une partie concerne l'extraction du gaz schiste.

Ce moratoire a été rejeté par 308 voix contre 52 voix, alors qu'environ 200 personnes manifestaient devant le Parlement contre le fracking, technique d'extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique.

Le parti travailliste, principal parti d'opposition, s'est abstenu lors de ce vote, ce que l'unique député écologiste du Parlement britannique, Caroline Lucas, a qualifié de farce.

Le Labour a toutefois obtenu le vote d'un amendement encadrant bien plus strictement l'utilisation du procédé de fracturation hydraulique sur le sol britannique.

C'est un énorme volte-face du gouvernement et une grande victoire pour la protection de l'environnement en Grande-Bretagne (...). Maintenant, grâce à l'amendement du Labour, le gouvernement a été contraint d'accepter une meilleure protection et des garanties plus solides avant tout fracking, a réagi la député Caroline Flint, en charge des questions énergétiques au Labour.

Le gouvernement britannique a notamment accepté d'interdire complètement l'extraction de gaz de schiste dans les parcs nationaux et les zones protégées. Jusqu'ici, les règles stipulaient que les demandes d'exploitation dans ces zones devaient être rejetées sauf en cas de circonstances exceptionnelles et dans l'intérêt public.

Ces rebondissements interviennent alors que les autorités locales du comté de Lancashire (nord-ouest de l'Angleterre) doivent étudier cette semaine la demande d'exploitation de la firme britannique Cuadrilla, qui veut extraire du gaz de schiste sur les sites de Preston New Road et Roseacre Wood.

Vendredi dernier, Cuadrilla a cependant demandé un report de l'examen de sa demande afin de procéder à de plus amples consultations.

Le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron veut encourager l'exploitation du gaz de schiste dans le pays afin de disposer d'une source d'énergie bon marché, à l'image de ce qui se passe aux États-Unis, et réduire la dépendance énergétique du pays à l'égard de l'étranger.

Des groupes de défense de l'environnement font en revanche part de leur inquiétude face à la perspective de l'utilisation de la fracturation hydraulique, qui consiste à créer des fissures souterraines en injectant un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques à haute pression pour libérer les hydrocarbures.

(©AFP / 26 janvier 2015 21h14)
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