GDF Suez: la CGT et la CFE-CGC accusent l'Etat d'abandonner sa souveraineté sur le gaz

Paris - La CGT et la CFE-CGC ont accusé jeudi l'Etat d'abandonner sa souveraineté sur le gaz après la cession récente d'une partie du capital de GDF, qui s'avère supérieure à celle annoncée initialement par Bercy.

Cette part s'est élevée au final à 3,45% du capital de GDF soit 83 millions d'actions, dont une partie réservée au personnel, au lieu des 3,1% (75 millions d'actions) annoncés par le ministère des Finances, selon un arrêté en date du 25 juin publié dimanche au Journal Officiel.

Avec cette cession, l'Etat fait ainsi passer sa participation de 36,7% à 33,25%, soit à 38 millions d'euros près, en dessous de la minorité de blocage relèvent la CGT de GDF Suez et la CFE-CGC Energies, dans un communiqué conjoint.

Selon les deux syndicats, l'APE, l'Agence des participations de l'Etat, qui gère la part de l'Etat dans les entreprises publiques, s'est bien gardée de communiquer ce chiffre de 3,45% annonçant la fin de l'opération qui faisait référence à 3,1%.

S'ils relèvent que l'Etat pourrrait retrouver sa minorité de blocage par le jeu des droits de vote double à partir de 2016 grâce à un artifice juridique, ils s'inquiètent qu'il ne puisse s'opposer durant ce laps de temps à d'éventuels projets de fusion, de cession, d'OPA, de transfert du siège à l'étranger ou de toute réforme sensible des statuts de l'entreprise.

Alors que le secteur de l'énergie est stratégique pour notre pays, l'Etat affaiblit son pouvoir de protection du Groupe et du service pubic, dénoncent-ils en évoquant un manquement grave à la parole de l'Etat.

L'opération de cession est intervenu au moment où l'Etat décide d'augmenter sa part au capital d'Alstom à hauteur de 20%, dans le cadre de l'alliance de ce dernier avec l'Américain General Electric.

ach/bpi/LyS

GDF SUEZ

ALSTOM

GENERAL ELECTRIC

(©AFP / 03 juillet 2014 20h38)