Huit femmes et un enfant tués dans un raid aérien près de Sanaa (médecins)

Sanaa - Huit femmes et un enfant ont été tués dans un raid aérien qui a visé dans la nuit de mercredi à jeudi une cérémonie de deuil en zone rebelle près de la capitale yéménite Sanaa, ont indiqué des sources médicales.

Les rebelles chiites Houthis, qui contrôlent Sanaa et une bonne partie du nord du Yémen, ont accusé la coalition arabe menée par Ryad d'être responsable de l'attaque qui a blessé dix autres femmes.

Le porte-parole de la coalition n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter ces accusations.

Selon les sources médicales, les victimes ont été transportées dans des hôpitaux de la capitale après le raid qui s'est produit dans la localité de Charah située dans le district d'Arhab, à 40 km au nord de Sanaa.

Ces sources et l'agence Sabanews.net, contrôlée par les rebelles, ont indiqué que le raid avait visé la demeure de Mohammed al-Nakaï, où se tenait une cérémonie de deuil.

L'agence Sabanews.net a été la première à faire état de ce raid, donnant un premier bilan de six femmes tuées et dix autres blessées, en accusant l'aviation saoudienne d'avoir mené le raid.

Une guerre oppose au Yémen les Houthis, alliés aux partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, aux forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par la coalition arabe.

La coalition, qui intervient militairement depuis mars 2015 au Yémen, a été accusée à plusieurs reprises de bavures, ayant coûté la vie à des civils, et promis tout faire pour éviter ce genre d'incidents.

Depuis l'intervention de la coalition qui voulait aider le pouvoir à stopper la progression rebelle, plus de 7.400 personnes ont été tuées et plus de 40.000 blessées, sur fond de grave crise humanitaire.

Human Rights Watch (HRW) a en outre indiqué jeudi que deux écoliers et un responsable d'une école avaient été tués le 10 février dans un raid aérien de la coalition arabe dans le district de Nihm, près de Sanaa.

L'organisation de défense des droits de l'Homme a de nouveau appelé la coalition et les rebelles à "mieux protéger les enfants (des retombées) des combats".

En octobre, la coalition avait reconnu avoir tué par erreur plus de 140 personnes au terme d'une enquête sur des raids aériens le 8 octobre contre une cérémonie de deuil à Sanaa.

En décembre, elle a également reconnu avoir commis une "erreur" le 15 août lorsqu'elle avait mené un raid meurtrier près d'un hôpital soutenu par Médecins sans frontières (MSF) dans une province du nord contrôlée par les rebelles.

MSF avait dénoncé une attaque "injustifiée" qui avait fait selon elle 19 morts.

La coalition a par contre exclu sa responsabilité dans des raids meurtriers ayant fait des victimes sur une école dans le nord du pays le 13 août, une usine à Sanaa le 9 août et sur un marché dans le sud le 6 juillet.


(©AFP / 16 février 2017 08h13)
News les plus lues