La BCV garde la forme en 2016, malgré des revenus sous pression

(synthèse après conférence de presse)


Lausanne (awp) - La Banque cantonale vaudoise (BCV) a subi l'année dernière une pression sur ses revenus qui a entamé sa rentabilité. Elle pointe du doigt les taux négatifs, mais également une base de comparaison défavorable. L'absence des gains réalisés en 2015 via la vente de la participation dans Swisscanto a fait chuter le bénéfice. Le dividende demeure inchangé et la perspective optimiste.


A l'instar d'une majorité de banques suisses, la BCV dit souffrir de la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS), respectivement les taux négatifs. Pour le directeur général (CEO) Pascal Kiener, la situation est "embêtante mais pas existentielle". Pas question donc de ponctionner les comptes d'épargne et ceux des PME, du moins pour l'instant.


L'établissement cantonal a dû toutefois se résoudre à durcir les conditions pour certains clients importants, principalement des institutionnels et des grandes entreprises. "Nous avons dû prendre des mesures parce que sur l'année 2016, nous avons observé un flux continu important de fonds", a indiqué à AWP le directeur financier (CFO) Thomas Paulsen.


Les taux négatifs ont coûté quelque 30 mio CHF à l'établissement cantonal, un montant stable sur un an, selon M. Paulsen. Le manque à gagner entraîné par cet instrument de politique monétaire est répercuté plus strictement sur les clients qui "cherchent l'arbitrage".


Le bénéfice net a chuté de 8% sur un ans à 309,6 mio CHF. Pour le CEO, cet indicateur reste néanmoins bon puisqu'il est supérieur à celui enregistré en 2013 et 2014. La somme gagnée après la cession de la participation dans Swisscanto a créé une base de comparaison défavorable.


CONFORME AUX ATTENTES


L'assemblée générale du 27 avril devra se prononcer sur un dividende ordinaire de 23 CHF par action, assorti d'un montant extraordinaire de 10 CHF. La rémunération est identique à celle des années précédentes. Le canton de Vaud recevra 190 mio CHF plus une contribution fiscale de 57 mio.


Le résultat opérationnel est également supérieur aux années 2013-14, malgré un recul sur une année. La baisse est de l'ordre de 4% à 383,4 mio CHF. Les provisions et les correctifs de valeur ont fortement reculé (-93%) à 3 mio CHF.


La hausse du volume d'affaires n'a pas empêché une réduction du produit d'exploitation. Ce dernier s'est fixé à 976,1 mio CHF, soit un repli de 6%. Les recettes ont raté les attentes du consensus AWP, contrairement à tous les autres indicateurs qui faisaient l'objet de prévisions d'analystes.


Principale source de revenus, les opérations d'intérêt ont dégagé un résultat net rogné de 3% à 477,8 mio CHF. La constitution de provisions afin de couvrir le risque de défaillance des clients a pesé sur cette activité.


La réorientation de la gestion de fortune transfrontalière sur un nombre réduit de pays s'est faite sentir sur les recettes issues des opérations de commissions et de prestations de services, qui ont chuté de 7% à 307,9 mio CHF. Le produit des opérations de négoce ont subi un recul du même ordre.


La cession de la participation dans Swisscanto et du mandat de courtage en ligne avec PostFinance - qui a préféré le concurrent vaudois Swissquote - ont entamé la masse sous gestion, qui recule de 3% à 85,4 mrd CHF. La BCV a enregistré des afflux nets d'argent de 2,35 mrd CHF. Les apports domestiques de 3,3 mrd ont plus que compensé des sorties de 1 mio de clients non résidents.


EXERCICE 2017 DANS LA CONTINUITÉ


La banque privée Piguet Galland, filiale de l'établissement, a vu sa masse sous gestion baisser de 8,3% à 5,5 mrd CHF. Comme au niveau du groupe, cette chute s'explique par la réorientation des activités de gestion de fortune transfrontalière. "Piguet Galland avait en proportion plus de clients offshore que la BCV, donc l'effet est plus important", remarque le CFO.


La somme du bilan s'est étoffée de 2%. Les créances hypothécaires ont connu une progression identique à 25,04 mrd CHF, tandis que les dépôts clientèle ont pris 1% à 29,25 mrd.


En termes de capitalisation, l'établissement cantonal affichait à fin décembre un ratio de fonds propres durs de 16,8%, péjoré de 0,8 point de pourcentage.


La pression sur les revenus devrait se poursuivre en 2017. Malgré tout, la BCV ambitionne de dégager "un résultat dans la continuité des exercices passés".


Pour la Banque cantonale de Zurich (ZKB), la performance 2016 de son homologue vaudoise est réjouissante malgré la déception en termes de recettes. L'analyste en charge loue particulièrement le niveau des afflux d'argent dans la gestion de fortune. Si la tendance venait à se poursuive, la BCV devra relever ses prévisions, affirme-t-il.


Baader Helvea vote la confiance à l'établissement, grâce au résultat solide livré dans des conditions difficiles et aux bonnes perspectives. Les résultats sont alignés avec les prévisions de Vontobel. Le bénéfice net a été dopé par des éléments exceptionnels et la dissolution de réserves.


A 14h26, l'action BCV cédait 1,3% à 685,00 CHF, dans un SPI en repli de 0,24%.


fr/jh


(AWP / 16.02.2017 14h43)
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