La crise politique se poursuit en Pologne, le Parlement toujours paralysé

Varsovie - Le Parlement polonais restait paralysé mercredi, occupé par les députés de l'opposition protestant contre ce qu'ils estiment être des actions anti-démocratiques et illégales de la majorité conservatrice, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les députés occupent l'hémicycle depuis le 16 décembre, initialement en signe de protestation contre des tentatives du pouvoir de restreindre drastiquement les libertés de la presse parlementaire, puis contre le vote "illégal", selon eux, du budget 2017.

En dépit de négociations menées mercredi entre dirigeants des partis pour que la chambre basse puisse reprendre son travail, le Sénat, dominé lui aussi par les conservateurs, a approuvé le projet controversé de loi budgétaire, dans une ambiance de crise parlementaire sans précédent depuis la chute du communisme en Pologne il y a 27 ans.

L'opposition exige que le budget soit à nouveau soumis à un vote, contestant le fait que la majorité du parti Droit et Justice (PiS) ait effectué celui du 16 décembre dans une salle annexe du parlement.

Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a dénoncé les actions "antidémocratiques" et "illégales" de l'opposition et réitéré que toutes les actions de son parti étaient conformes à la loi.

"Le budget est adopté et j'espère que bientôt, une fois que le président (Andrzej Duda) l'aura signé, il sera publié dans le Journal officiel", a-t-il insisté devant la presse.

Grzegorz Schetyna, le chef du plus grand parti d'opposition Plateforme civique (PO, centre), a rétorqué aussitôt que "le vote du budget par le Sénat s'est fait en violation de la loi" ce qui, selon l'opposition, pourrait être remis en question par Bruxelles, et entraîner des recours en justice.

La majorité conservatrice a imposé dans la soirée la tenue d'une nouvelle réunion de la chambre basse, en dépit de l'occupation de la tribune. Comme si de rien n'était, le président de la Diète a proclamé une minute de silence en hommage à quatre personnalités publiques décédées récemment et après une prière aux morts, a décrété une pause jusqu'à jeudi, 10H00 du matin (9H00 GMT).

Quelques centaines personnes manifestaient dans la soirée devant le Parlement leur soutien aux députés de l'opposition.

"La lutte continue pour le droit de l'opposition à pouvoir s'exprimer", a déclaré à l'AFP Danuta Stolecka, Varsovienne d'une cinquantaine d'années, fidèle des manifestations organisées par le Mouvement de défense de la démocratie KOD.

Dès leur arrivée au pouvoir après les législatives d'octobre 2015, les dirigeants du PiS ont ouvert plusieurs fronts, notamment contre le Tribunal constitutionnel et les médias, suscitant des inquiétudes pour l'Etat de droit en Pologne au niveau du Conseil de l'Europe et de la Commission européenne.


(©AFP / 11 janvier 2017 20h42)
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