Lem parvient à améliorer son bénéfice malgré la stagnation des ventes

(ajoute détails par segment, commentaires CEO, cours de Bourse)


Fribourg (awp) - Le groupe Lem a bouclé les neuf premiers mois de son exercice décalé 2016/17 (avril à décembre) sur un bénéfice net en hausse de 3,8% à 32,7 mio CHF, alors que son chiffre d'affaires sur la même période est resté quasiment stable (-1,1% à taux de change constants) à 197,8 mio, indique le fabricant d'appareils de mesure spécialisés jeudi dans un communiqué.


Le résultat avant intérêts et impôts (Ebit) est ressorti à 41,7 mio CHF, soit 2,5% de mieux que sur la même période un an plus tôt. Sur le seul 3e trimestre, Lem a en revanche vu ses ventes reculer de 3,0% sur un an à 65,1 mio CHF, alors que l'Ebit s'est effrité de 10,2% à 14,1 mio et le bénéfice net de 9,5% à 10,6 mio.


"Nous avons continué à adapter notre organisation à un marché dynamique et avons enregistré des marges opérationnelles robustes par rapport à l'an dernier", a déclaré François Gabella, directeur général (CEO) de Lem, cité dans un communiqué.


Les chiffres publiés par Lem sont inférieurs à la moyenne des prévisions des experts sollicités par AWP, aussi bien sur neuf mois qu'au 3e trimestre. Si la performance opérationnelle s'inscrit dans le bas de la fourchette, le chiffre d'affaires a clairement manqué le coche.


Le segment Industrie, qui génère plus de trois quarts des recettes du groupe, a vu son chiffre d'affaires se contracter de 3,0% (-3,5% tcc) à 159,5 mio CHF au cours des neuf premiers mois 2016/17, une contre-performance qui s'explique notamment par le fléchissement des ventes en Chine (-8%) et en Europe (-6%), que la croissance dans le reste de l'Asie et en Amérique du nord n'ont pas été en mesure de compenser.


Le segment automobile en revanche a eu le vent en poupe, les ventes bondissant de 11,5% (+10,3% tcc) sur un an, à 38,2 mio CHF, dopées par des volumes supplémentaires, un mix produits favorable et le succès des voitures vertes en Chine. L'Ebit a augmenté de près d'un tiers pour atteindre 9,2 mio CHF.


DÉLOCALISATION VERS LA BULGARIE


Lors d'une conférence téléphonique, le CEO s'est félicité de la bonne tenue des marges, "rendue possible notamment par les nouveaux produits bien accueillis par le marché et en partie fabriqués à moindres coûts". L'entreprise a délocalisé une partie de sa production de Suisse et du Japon vers la Bulgarie, où elle emploie actuellement quelque 225 collaborateurs.


En matière de coûts, les attentes ont été comblées, et Lem peut profiter de sa proximité géographique avec ses clients européens, a ajouté M. Gabella. La délocalisation n'est cependant pas terminée: actuellement, le site bulgare assure 15% de la production, une part destinée à croître, a expliqué le directeur financier (CFO) Andrea Borla.


La délocalisation s'est également traduite par une amélioration de la marge brute, a poursuivi le CFO. Des effets positifs ont également été constatés au niveau des achats et des monnaies. En revanche, la couverture des risques de change a pesé sur les coûts financiers. Les charges fiscales ont diminué en raison des transferts des sites de production.


Pour le dernier trimestre 2016/17, la direction du groupe dit s'attendre à un développement des affaires stable, en raison notamment de la retenue des clients en Chine. Elle confirme par ailleurs ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice, à savoir un chiffre d'affaires situé entre 260-270 mio CHF et une marge Ebit "supérieure à 20%".


A la Bourse suisse, la copie rendue par le groupe fribourgeois n'a pas eu la faveur des investisseurs. A la mi-journée, la nominative Lem se délestait de 1,7% à 992 CHF, après un bref passage à 980 CHF dans la matinée, alors que son indice de référence (SPI) reculait de 0,4%.


buc/al/rp


(AWP / 16.02.2017 12h31)
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