Les USA menacent de priver Pékin d'accès aux îles de mer de Chine du sud (secrétaire d'Etat nommé)


Washington - Les Etats-Unis enverront un "signal clair" à Pékin pour lui interdire "l'accès" aux îles disputées de mer de Chine du sud où le géant asiatique multiplie les constructions, a affirmé mercredi le secrétaire d'Etat américain nommé par Donald Trump, Rex Tillerson --une menace encore jamais agitée par Washington.

Lu Kang, porte-parole de la diplomatie chinoise, s'est contenté de répliquer jeudi que la Chine "avait parfaitement le droit" de mener des activités dans la région concernée.

Devant le Sénat américain, Rex Tillerson a déclaré: "nous allons devoir envoyer un signal clair à la Chine, pour lui signifier que les constructions sur les îles (contestées) doivent cesser, et ensuite, que (son) accès à ces îles ne sera plus permis".

"Construire des îles (artificielles) et ensuite installer des équipements militaires sur ces îles, c'est la même chose que la prise de la Crimée par la Russie", a-t-il estimé.

L'ex-PDG d'ExxonMobil s'exprimait lors de son audition de confirmation à son poste de chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, zone réputée riche en hydrocarbures et route majeure du transport maritime mondial, mais où des nations riveraines (Philippines, Vietnam, Brunei, Malaisie) ont des prétentions rivales.

Pour affirmer sa souveraineté, la Chine y mène des travaux de "remblaiement" pour agrandir des îlots et récifs sous son contrôle, avant d'y construire des installations portuaires, phares, pistes d'atterrissage ou infrastructures militaires, selon le Pentagone.

"Ils s'emparent de territoires, les contrôlent, ou déclarent les contrôler, quand bien même ces territoires n'appartiennent pas en justice à la Chine", a insisté Rex Tillerson.

"C'est une menace pour l'ensemble de l'économie, si la Chine est capable d'imposer ses volontés sur le passage (des navires) à travers ces eaux", a-t-il observé.

S'exprimant lors d'un point de presse, le porte-parole de la diplomatie chinoise Lu Kang a pour sa part déclaré que "la situation en mer de Chine méridionale s'est apaisée, et nous espérons que les pays extérieurs à la région pourront respecter le consensus que (cet apaisement) est dans l'intérêt fondamental du monde entier".

-Contraire 'aux intérêts américains'-

De fait, la menace agitée par Rex Tillerson ne paraît pas "un objectif crédible" et tenter de la mettre à exécution pourrait s'avérer "contreproductif", a indiqué à l'AFP Rory Medcalf, professeur de l'Australian National University.

Les forces armées des Etats-Unis en Asie comptent insuffisamment de navires pour qu'un blocus soit réaliste, et "on imagine difficilement que cela se fasse sans une confrontation de quelque sorte", a-t-il prévenu.

Ces remarques de M. Tillerson interviennent dans un contexte de tensions accrues entre le régime communiste et Donald Trump.

Ses attaques sur le niveau du yuan, ou encore son projet de lourdes pénalités douanières contre les exportations chinoises avaient semé le trouble.

Le président élu américain, après un échange téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, avait laissé entendre courant décembre qu'il ne se sentait pas lié par le principe de la Chine unique, suscitant l'inquiétude de Pékin.

Les Etats-Unis doivent affirmer à Taipei qu'ils n'abandonneront pas leur engagement à défendre l'île militairement si nécessaire, a souligné mercredi M. Tillerson, tout en ajoutant prudemment n'être pas au courant d'un quelconque projet d'abandon de la "politique de la Chine unique".

La Chine n'a pas été "un partenaire fiable pour user de son influence" sur Pyongyang afin d'endiguer son programme nucléaire illégal, a également jugé le secrétaire d'Etat nommé, jugeant que les objectifs de la Chine étaient parfois "en conflit avec les intérêts américains".

Même si la diplomatie de M. Trump reste floue, il a clairement prôné un rapprochement avec la Russie et une ligne dure avec la Chine, notamment en matière commerciale.

bur-jug/lch/cr

EXXONMOBIL


(©AFP / 12 janvier 2017 10h52)
    
NEWS LES PLUS LUES (60 MIN)

23:46 A Davos, Soros étrille Trump

23:31 Des jeunes de la...

23:19 Brésil : un juge clé de...

23:09 Martin McGuinness, figure de...

23:04 L'euro monte un peu face au...

22:51 Brésil : un juge clé de...

22:23 Gambie: soutien unanime de l'ONU...

22:15 Guantanamo: à la veille de son...

22:09 Paradis fiscaux: le Panama souhaite...

22:08 LafargeHolc Paris ouvre une...

22:03 Lafarge visé par une...

21:51 Brésil : un juge clé de...

21:41 Arabie : six pèlerins...

21:27 Obama a appelé Merkel,...

21:19 Pyongyang prépare des essais de...

21:09 Guantanamo: à la veille de son...

21:00 Dernières prévisions...

20:57 Le pétrole termine en...

01:44 Guantanamo: Obama critique le...