Sénégal: un député, dissident de la majorité, condamné pour "coups et blessures"

Dakar - Un député sénégalais dissident de la majorité présidentielle, Barthélémy Dias, a été condamné jeudi à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour "coups et blessures volontaires" lors de violences politiques meurtrières en 2011 à Dakar.

Barthélémy Dias, du Parti socialiste (PS), formation membre de la coalition au pouvoir, est reparti libre du tribunal correctionnel de Dakar, les six mois ferme étant couverts par la durée de sa détention préventive après les faits, a indiqué à l'AFP un de ses avocats. Le parquet avait requis dix ans de prison.

"Ce verdict ne me satisfait pas. Le parquet a été incapable d'apporter des preuves de ma culpabilité. On ne peut plus accepter que des hommes politiques utilisent des moyens illégaux pour liquider des adversaires politiques", a déclaré M. Dias sur la radio privée RFM, en allusion au pouvoir du président Macky Sall.

Le tribunal ne s'est pas prononcé, lors de la lecture du jugement, sur une éventuelle privation des droits civiques qui interdirait au député de se présenter aux élections législatives prévues en juillet 2017.

Cette condamnation ne prive pas M. Dias de ses droits civiques, a indiqué à l'AFP un de ses avocats, un point de vue contesté par un juriste sur RFM qui a estimé qu'il ne pourrait être candidat.

Le député doit également payer 25 millions de FCFA (plus de 38.000 euros) de dommages-intérêts.

Les conseils de M. Dias vont se concerter en vue d'un éventuel appel, a déclaré l'un d'eux, Me Cheikh Touré.

M. Dias était accusé d'être impliqué dans des violences politiques survenues le 22 décembre 2011 à Dakar entre des opposants et partisans du président de l'époque, Abdoulaye Wade, qui se sont soldées par un mort par balle et des blessés selon la police.

Ces violences étaient survenues lors d'une attaque de la mairie de Sacré-Coeur/Mermoz, une commune de Dakar dirigée par M. Dias - à l'époque virulent opposant au régime de M. Wade.

Il avait été filmé faisant usage d'une arme à feu le jour des violences et avait alors invoqué la "légitime défense".

Le jugement avait été mis en délibéré le 27 janvier. L'immunité parlementaire de M. Dias avait été levée le 11 novembre 2016 et son procès s'était ouvert le 1er décembre.

Barthélémy Dias a lié son procès à ses positions en faveur notamment d'un candidat du PS à l'élection présidentielle de 2019 et sa proximité avec Khalifa Sall, probable candidat face à Macky Sall.



(©AFP / 16 février 2017 19h54)
News les plus lues