Venezuela : la peine d'une figure de l'opposition confirmée définitivement (avocat)

Caracas - La Cour suprême du Venezuela a confirmé jeudi la condamnation à près de 14 ans de prison de Leopoldo Lopez, figure de l'opposition au dirigeant socialiste Nicolas Maduro et dont le président américain Donald Trump avait demandé la veille la libération.

"Le recours en cassation est déclaré irrecevable. C'est une réalité et un acte d'injustice absolue", a déclaré à l'AFP l'avocat de M. Lopez, Juan Carlos Gutiérrez, dont le client avait été déclaré coupable d'incitation à la violence lors de manifestations contre le gouvernement vénézuélien ayant fait 43 morts en 2014.

L'avocat a précisé que plus aucun recours n'était désormais possible au Venezuela mais que Leopoldo Lopez, fondateur du parti d'opposition Volonté populaire, pouvait encore saisir la justice internationale s'il le souhaitait.

Cette décision judiciaire survient moins de 24 heures après l'appel du président américain Donald Trump en faveur de cet opposant, figure de l'aile dure de l'opposition au gouvernement vénézuélien, emprisonné depuis trois ans.

"Le Venezuela devrait autoriser Leopoldo Lopez, un prisonnier politique et époux de @liliantintori (que je viens de rencontrer avec @marcorubio) à sortir de prison immédiatement", avait écrit mercredi Donald Trump sur le réseau social.

Il avait accompagné son message d'une photo le montrant, le pouce levé, au côté de Lilian Tintori, en compagnie du vice-président Mike Pence et du sénateur républicain Marco Rubio.

Retweetant le président américain, Lilian Tintori avait écrit: "Continuons avec plus de force à conquérir notre liberté!"

"Je leur ai parlé de la crise humanitaire que nous vivons au Venezuela et de nos prisonniers politiques", avait-elle ajouté dans un autre message, dénonçant "une dictature".

L'intervention du président américain était survenue après plusieurs jours déjà tendus entre Caracas et Washington.

Peu avant son tweet, Nicolas Maduro avait ainsi averti mercredi son homologue américain qu'il répondrait avec fermeté à toute agression contre son gouvernement.

Ces déclarations faisaient suite aux sanctions infligées lundi, pour trafic de drogue, à son vice-président Tareck El Aissami, 42 ans, considéré comme son probable successeur.

Mercredi encore, toujours en lien avec ces sanctions, le gouvernement vénézuélien a suspendu le signal de CNN en espagnol, principale chaîne d'information d'Amérique latine, l'accusant de "propagande de guerre".

Les relations entre Washington et Caracas sont tendues depuis 1999 et l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez, célèbre pour ses diatribes anti-américaines. Les tensions se sont poursuivies avec l'élection en 2013 de son successeur Nicolas Maduro, tout aussi virulent contre "l'empire".

Les deux pays n'ont plus d'ambassadeur respectif depuis 2010.



(©AFP / 16 février 2017 21h19)
News les plus lues