La Finlande va fournir des informations sur des vols suspectés de la CIA


HELSINKI - Deux ministères finlandais ont annoncé jeudi avoir accepté de donner des informations sur 250 vols ayant transité par la Finlande entre 2001 et 2006 et dont certains pourraient avoir été utilisés par la CIA pour transporter secrètement des détenus soupçonnés de terrorisme.

Le ministère des Affaires étrangères et celui des Transports, qui ont annoncé la décision dans un communiqué commun, se sont ainsi inclinés devant la pression de la section finlandaise d'Amnesty International.

L'organisation de défense des droits de l'homme réclamait une enquête exhaustive sur le possible passage par la Finlande de vols dans lesquels la CIA transportait illégalement des personnes soupçonnées de terrorisme.

Dans le cadre d'un programme appelé Extraordinary Rendition créé par les Etats-Unis en 2001, des suspects capturés au cours de la guerre contre le terrorisme déclenchée par Washington à la suite des attentats du 11 Septembre étaient conduits illégalement vers des pays comme l'Afghanistan, l'Egypte, la Jordanie et la Roumanie pour y subir des interrogatoires.

Les ministères ont établi que la publication d'informations sur des vols était conforme aux droits internationaux de l'homme et à la justice, et du point de vue de notre système national de droits fondamentaux, il y a de bonnes raisons de rendre ces informations publiques, déclare le communiqué finlandais.

Jusqu'alors, les responsables finlandais étaient réticents à fournir des informations sur les vols en question, évoquant la nécessité de protéger la confidentialité des activités de Finavia, l'autorité finlandaise de l'aviation civile.

La branche finlandaise d'Amnesty International a salué la décision annoncée jeudi.

Fin octobre, le ministère des Affaires étrangères avait publié une liste de 150 vols qui auraient selon Amnesty transporté secrètement des personnes pour le compte de la CIA. Mais il n'avait demandé des informations détaillées à Finavia que sur un seul vol non commercial passé par la Finlande en décembre 2002.

Mardi, Amnesty avait estimé que la liste fournie en octobre était insuffisante car elle ne donnait pas d'informations détaillées sur les vols mis en cause.

L'organisation avait en particulier ciblé trois vols considérés comme pouvant avoir servi au transport illégal de suspects sur la base d'informations fournies par le gouvernement lituanien et par le Parlement européen.

Jeudi, Amnesty a indiqué jeudi qu'elle allait examiner attentivement les nouvelles informations avant de faire de nouvelles déclarations sur le sujet.

(©AFP / 03 novembre 2011 18h34)