BIT/Travail: le partage du travail en période de crise, un outil efficace

Genève (awp/ats) - Le partage du travail en période de crise est un outil efficace, selon une étude publiée mardi à Genève par le Bureau international du travail (BIT). L'expérience de la récession de 2008-2009 dans les pays industrialisés a montré qu'il permet de préserver des emplois.

L'étude de 310 pages montre que "si les politiques de partage du travail sont bien conçues et mises en oeuvre, le résultat peut être bénéfique pour tous", ont expliqué ses auteurs Jon Messenger et Naj Ghosheh.

"Les travailleurs peuvent conserver leur emploi, les entreprises peuvent surmonter la crise et se positionner pour le moment où la croissance repartira, tandis que la réduction du coût du chômage et de l'exclusion sociale profite aux pouvoirs publics et à la société dans son ensemble", ont-ils affirmé.

EXEMPLE DE L'ALLEMAGNE

Le meilleur exemple en est le programme de réduction du temps de travail en Allemagne. Il a sauvé quelque 400'000 emplois, selon l'étude, et a concerné 1,4 million de travailleurs au plus fort de la crise en mai 2009 (5% de l'emploi salarié privé).

Le Japon a également réussi à conserver environ 370'000 emplois grâce à des mesures de partage du travail qui ont bénéficié à plus de 2,5 millions de travailleurs. Un programme de réduction de la durée du travail en Turquie a permis de sauver 100'000 emplois.

Aux Etats-Unis, 165'000 emplois ont été sauvegardés en 2009 dans le cadre de programmes de chômage partiel dans certains Etats. En Belgique, en 2009, diverses mesures de chômage temporaire ont été utilisées pour plus de 300'000 travailleurs (5,6% de l'emploi salarié privé). En France, par contre, de telles mesures ont concerné moins de 1% de l'emploi salarié privé.

PAS UN REMÈDE MIRACLE

Pour les pouvoirs publics, il peut être aussi intéressant de favoriser la réduction de la durée du travail afin d'encourager des embauches supplémentaires et d'augmenter ainsi le niveau d'emploi, même en dehors des périodes de crise. L'étude montre qu'il est ainsi possible d'obtenir de modestes gains en termes d'emploi.

"Bien que le partage du travail ne soit en aucun cas un remède miracle, il peut figurer parmi les mesures qui contribuent à promouvoir l'emploi, à améliorer l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle, à favoriser des entreprises et des économies durables", a conclu Naj Ghosheh.

ats/rp



(AWP / 18.06.2013 17h01)

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