Les ours bruns des Pyrénées dans " une bonne dynamique " selon la DREAL

TOULOUSE (Sipa) -- La population d'ours bruns dans les Pyrénées est dans une "bonne dynamique" et s'élève au minimum à 22 individus, selon un rapport 2011 diffusé par la Direction de l'environnement et de l'aménagement de Midi-Pyrénées (DREAL).

En ligne sur le site de la DREAL Midi-Pyrénées, ce rapport annuel sur le "Suivi de l'ours brun dans les Pyrénées françaises" a été élaboré par les membres de l'Equipe Ours qui dépend de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, avec la collaboration des membres du Réseau Ours Brun, des ministères de l'Environnement d'Andorre, Aragon, Navarre et Catalogne et du conseil général du Val d'Aran.

Sur un effectif minimum de 22 ours (21 en fin d'année du fait d'un ourson mort) sur l'ensemble du massif pyrénéen, deux individus mâles ont été repérés dans les Pyrénées occidentales et vingt autres dans les Pyrénées centro-orientales. L'aire sur laquelle ils vivent et circulent est estimée à 4.000 km² dont 2.500 km² en France à cheval sur les départements français des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l'Ariège et de l'Aude. Les 1.500 km² restants concernant les provinces espagnoles de la Navarre de l'Aragon et de la Catalogne.

Au total, 14 femelles ont été repérées contre sept mâles, le sexe d'un petit de l'ourse slovène Hvala, arrivée pleine en mai 2006 sur la commune d'Arbas, en Haute-Garonne, n'ayant toujours pas été identifié.

Selon le rapport diffusé par la DREAL Midi-Pyrénées, "la production d'oursons et leur survie confirment la bonne dynamique de cette population, plus particulièrement ces deux dernières années". Ses auteurs s'appuient notamment sur les deux portées qui ont été détectées en 2011, celle de l'ourse Pollen dont l'unique ourson a été retrouvé mort à la fin de l'année et celle de l'ourse Hvala, repérée avec trois oursons. Par ailleurs, les quatre jeunes nés en 2010 étaient toujours vivants en 2011. En 2012, deux nouvelles portées ont été détectées sur le versant espagnol des Pyrénées, la première d'un ourson et la seconde de deux.


Faible densité en ours

Malgré ces bons indicateurs, les auteurs du rapport observent que la densité en ours sur la zone Haute-Garonne Est-Ariège ouest-Val d'Aran-Pallars Sobira (1.000 km²) qui concentre la très grande majorité des effectifs, est estimée à environ 0,2 ours pour 10 km², "ce qui est encore en deçà de celle habituellement remarquée ailleurs en Europe", indiquent-ils.

Un constat que dresse aussi Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'ours-Adet, qui estime que l'"on ne peut pas ce contenter du fait que la population ursine augmente un peu chaque année".

"Les chiffres cachent deux problèmes majeurs, démographique et génétique pour lesquels la seule réponse est une réintroduction rapide. On a affaire dans le massif à deux sous-populations quasiment isolées dont une, composée des deux mâles des Pyrénées occidentales, qui est au bord de l'extinction", estime le militant pro-ours.

S'il juge la situation "plus favorable" dans les Pyrénées centrales avec des naissances chaque année et un bon taux de survie des jeunes, Alain Reynes affirme néanmoins que ce n'est "pas suffisant pour assurer à long terme la survie de la population"

"Il a un risque très fort de consanguinité du fait du petit nombre d'individus et de la prédominance du mâle Pyros. Il est temps d'apporter du sang neuf", ajoute M. Reynes qui appelle à un nouveau plan de restauration de l'ours brun dans les Pyrénées et attend du nouveau gouvernement qu'il "respecte les obligations légales de la France en matière de biodiversité".


L'ours brun, espèce prioritaire

Le plan de réintroduction d'ours slovènes dans les Pyrénées françaises a démarré en 1996 et 1997 avec le lâcher de deux femelles et un mâle. Dans la seconde phase du programme, et malgré la forte opposition des associations d'éleveurs, cinq autres ours en provenance de Slovénie ont été réintroduits en Haute-Garonne et dans les Hautes-Pyrénées entre avril et août 2006.

Le plan ours a officiellement pris fin le 31 décembre 2009 sans qu'aucune reconduite n'ait été annoncée malgré les obligations européennes de la France. L'ours brun figure en effet sur la liste des espèces prioritaires au niveau communautaire.

En juillet 2010, Chantal Jouanno, alors secrétaire d'Etat à l'Ecologie, avait annoncé qu'il n'y aurait "pas de réintroductions massives" de l'animal, mais que "chaque ours mort accidentellement serait remplacé" comme dans le cas de Franska qui devait être remplacée au printemps 2011. Mais début juin de la même année, le gouvernement était revenu sur cet engagement en renonçant à un lâcher afin de ne pas "pénaliser" les éleveurs touchés par la sécheresse.

xdec/ql/mw


(Sipa / 14.11.2012 05h07)


    

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