Comment la surpêche du thon en Méditerranée menace l'Albatros d'Amsterdam


BASE MARTIN DE VIVIES (France / île d'Amsterdam) - La surpêche du thon rouge en Méditerranée a des répercussions bien au-delà de cette mer: sur la petite île française d'Amsterdam, dans l'océan Indien, un albatros endémique pâtit d'un jeu de domino qui pourrait signer son extinction.

L'albatros d'Amsterdam a longtemps été confondu avec des cousins avant que l'espèce soit décrite et identifiée comme unique, en 1983 seulement.

Avec 180 individus dont 30 couples adultes et 29 poussins nés cette année, l'espèce est génétiquement encore viable mais c'est l'espèce d'albatros la plus menacée au monde, affirme Cédric Marteau, directeur de la Réserve naturelle des Terres australes.

La population a augmenté ces dernières années mais elle est tellement faible que si on perdait ne fût-ce que 5 adultes par an, ce serait critique, explique M. Marteau.

Ce grand oiseau, en danger d'extinction, fait l'objet d'un Plan national d'action validé en 2010, c'est-à-dire d'une mesure de conservation.

Menacés un temps par les bovins introduits sur Amsterdam qui remontaient de plus en plus près de leur unique lieu de nidification, le plateau des Tourbières sur les hauteurs de l'île, les albatros d'Amsterdam sont exposés à un danger bien plus pressant: les pêcheurs.

La surpêche du thon rouge en Méditerranée et dans l'Atlantique nord a entraîné une raréfaction du poisson et des quotas très contraignants sous l'impulsion des scientifiques, avec pour effet une hausse du cours du thon du sud (rouge et blanc), que l'on trouve notamment dans l'océan Indien.

Les flottilles taïwanaise et coréenne s'approchent d'Amsterdam, s'inquiète M. Marteau.

Ces bateaux n'osent généralement pas se risquer dans la Zone économique exclusive (ZEE) et les albatros adultes reproducteurs rayonnent quasiment juste dans les contours la ZEE mais les oiseaux juvéniles, eux, vont jusqu'en Afrique du Sud, à l'ouest, ou vers l'Australie, à l'est, explique le scientifique.

Et c'est lors de ces trajets qu'ils risquent d'être victime des thoniers, qui pêchent à la palangre, c'est-à-dire avec une ligne filée à l'arrière du navire sur laquelle sont fixés tous les 1,20 m des hameçons reliés à des cordelettes. Attirés par les appâts accrochés aux hameçons lors de la mise à l'eau de la ligne, les oiseaux, dont les albatros, s'y accrochent et se noient.


(©AFP / 09 novembre 2012 08h05)

    

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