Guantanamo: un avocat plaide au nom de la liberté de la presse


FORT-MEADE (Etats-Unis) - Un avocat a plaidé au nom de la liberté de la presse mercredi devant un tribunal militaire à Guantanamo --une première devant un tel tribunal-- pour demander la publicité du témoignage d'un Saoudien sur les mauvais traitements qu'il dit avoir subis.

Abd al-Rahim al-Nachiri, accusé d'être le cerveau de l'attentat contre le navire américain USS Cole qui avait fait 17 morts en 2000, est apparu mercredi, vêtu d'une combinaison blanche de prisonnier, pour une audience préliminaire retransmise sur la base militaire de Fort Meade (Maryland, Est). Il encourt la peine de mort.

Ses avocats ont demandé qu'il soit entendu sur ses conditions de détention dans des prisons secrètes de la CIA, entre 2002 et 2003, où il a subi des séances de simulation de noyade et d'autres techniques d'interrogatoire renforcées, avant d'être transféré sur la base américaine de Guantanamo à Cuba.

Dix médias américains, dont le New York Times, le Washington Post, la radio publique NPR ou Fox News, ont réclamé que son témoignage soit public, au même titre que le reste des débats.

David Schulz, un avocat new-yorkais les représentant, a commencé par remercier le tribunal de lui permettre d'intervenir, une reconnaissance, selon lui de l'enjeu important que représente l'ouverture au public de ce procès.

L'intervention d'un avocat extérieur aux parties est une première devant un tribunal militaire d'exception, selon un expert militaire.

Me Schulz a argué du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d'expression et la liberté de la presse.

Il a souligné que les mauvais traitements subis par M. Nachiri étaient déjà de notoriété publique et avaient fait l'objet d'un rapport de la CIA. Organiser à huis clos des discussions sur des informations que le monde entier connaît déjà ou peut trouver en deux secondes sur internet serait se moquer de la procédure.

Il a ajouté que les journalistes suivaient déjà les audiences des tribunaux de Guantanamo derrière une paroi vitrée avec un différé de 40 secondes permettant à la censure de brouiller les échanges classés secrets défense. Vous avez toute la technologie pour masquer, si nécessaire, d'éventuels éléments classés secrets défense, a-t-il dit.

Le juge James Pohl, qui préside les débats, avait décidé en janvier qu'en raison de la nature sérieuse des crimes présumés et de la nature historique des tribunaux militaires d'exception, il y a un intérêt significatif du public pour cette procédure.

M. Nachiri était susceptible de témoigner sur les mauvais traitements qu'il assure avoir subis dans le cadre d'une requête de ses avocats qui demandent que leur client ne soit plus menotté pendant leurs visites.

Le juge a donné raison à la défense et autorisé que l'accusé ne soit plus menotté, rendant provisoirement caduque la demande de témoignage de M. Nachiri pendant cette session.


(©AFP / 11 avril 2012 19h29)

    
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