Irak: un député menacé de poursuites pour avoir comparé Maliki à Saddam


BAGDAD - Un tribunal irakien a réclamé la levée de l'immunité d'un député qui avait comparé le Premier ministre Nouri al-Maliki à l'ex-président Saddam Hussein, sur la base d'une loi ancienne interdisant la critique des institutions du pays, a indiqué un haut responsable jeudi.

Le président du Parlement irakien Iyad al Oussama al-Noujaifi a indiqué que la demande de levée d'immunité du député indépendant chiite Sabah al-Saadi avait été demandée par le Conseil supérieur de justice après l'émission cette semaine d'un mandat d'arrêt à son encontre.

La question de la levée de l'immunité de tout député doit être étudiée avec précaution, afin de s'assurer qu'elle n'est pas malintentionnée ou politiquement ciblée, a-t-il dit à des journalistes.

Il y a un comité qui étudiera cette demande et après cela le comité présidentiel (du Parlement, soit M. Noujaifi et ses deux adjoints, ndlr) décidera de lever ou non l'immunité, a-t-il expliqué.

Selon un autre député du parti de M. Maliki, Ali Chlah, la demande de levée d'immunité de M. Saadi a été émise le 19 septembre, soit dix jours après ses vives critiques à l'encontre du chef du gouvernement. Le député avait accusé M. Maliki d'agir de la même façon que Saddam Hussein, en recourant à l'intimidation par le meurtre, au lendemain de l'assassinat d'un journaliste de radio très critique envers les autorités, Hadi al-Mehdi.

La meilleure preuve en est ce qui est arrivé à Hadi al-Mehdi. Notre destin sera le même que celui de Mehdi. (...) (Maliki) se comporte comme un dictateur, avait ajouté le député.

La demande de levée a été émise sur la base de l'article 226 du code pénal de 1969, qui prévoit une peine maximum de sept ans de prison ou une amende pour toute personne qui insulte publiquement le Parlement, le gouvernement, les tribunaux, les forces armées ou toute autre institution officielle ou semi-officielle, selon M. Saadi.

L'intéressé, un ancien membre du parti Fadhila (parti de la vertu) élu à Bagdad, a indiqué mercredi à l'AFP être au courant du mandat à son encontre, mais ne pas en avoir reçu notification officielle.

Je pense qu'il a été émis pour faire taire tous ceux qui luttent contre la corruption, après ce qui est arrivé à Rahim al-Uqali, l'ancien chef de la Commission pour l'intégrité (anti-corruption), qui a démissionné début septembre en se plaignant de pressions politiques, a-t-il dit.

Si cela continue, l'Irak ne vivra plus (sous un régime) de construction de la démocratie, mais de construction de la dictature, a-t-il déploré.

Interrogé, le Conseil supérieur de justice n'a pas souhaité faire de commentaire.


(©AFP / 22 septembre 2011 17h20)

    

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