Les géants de l'énergie trop malmenés en Europe, selon une étude


PARIS - Les énergéticiens européens sont pris en tenaille entre une conjoncture qui se dégrade et une pression réglementaire qui s'accroît, compromettant leur rentabilité et leur capacité à investir, montre une étude publiée lundi par le groupe français de conseil CapGemini.

La crise économique a engendré une volatilité des prix et une stagnation de la consommation d'énergie, tandis que parallèlement, la transition énergétique engagée dans plusieurs pays et la création de nouvelles taxes vont peser encore davantage sur la profitabilité de ces entreprises, explique-t-il, dans la 14e édition de l'Observatoire européen des marchés de l'énergie.

Or, confrontées à la nécessité d'investir au moins 1.000 milliards d'euros dans les infrastructures énergétiques dans les dix ans à venir, (ces entreprises) doivent prendre des décisions de long terme dans un environnement de court terme de plus en plus incertain, souligne CapGemini.

D'un côté, on handicape les énergéticiens, et l'autre côté, elles doivent investir d'énormes montants. Elles se retrouvent donc prises dans un étau, ce qui se voit d'ailleurs sur leur cours de Bourse, a commenté pour l'AFP Colette Lewiner, spécialiste du secteur et conseillère énergie du PDG de CapGemini.

Les gouvernements doivent veiller à ne pas tuer ce qu'ils pensent être une source aisée de recettes, a-t-elle ajouté.

L'action du géant français de l'électricité EDF a ainsi touché la semaine dernière de nouveaux plus bas depuis son entrée en Bourse en 2005, tandis que celle de son rival allemand EON a chuté de 11% en une séance, après des avertissements sur ses perspectives.

L'étude de CapGemini souligne par ailleurs qu'en Europe, les bas prix du charbon et des certificats de CO2 menacent la rentabilité des centrales à gaz, qui jouent pourtant un rôle clef dans l'approvisionnement électrique, pour compenser la volatilité des énergies renouvelables et équilibrer le réseau en période de pointe de consommation.

Enfin, parmi les autres enseignements de cette étude, CapGemini souligne que les politiques de réduction ou de sortie du nucléaire supposent des investissements considérables et auront un impact sur les coûts de production et de transport d'électricité et donc les prix de détail, et qu'elles pourraient entraîner une augmentation des émissions de CO2.

CAPGEMINI

EDF

E.ON


(©AFP / 19 novembre 2012 01h01)

    

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