Un nuage de suie sur le toit du monde


PARIS - L'air sur le toit du monde, dans l'Himalaya, est aussi pollué que celui des grandes villes et présente une concentration de particules de suie qui risque de provoquer des bouleversements climatiques catastrophiques pour l'agriculture de la région.

Le documentaire Un nuage sur le toit du monde, signé Agnès Moreau et présenté jeudi sur Arte, expose les découvertes d'une équipe franco-italienne de chercheurs installés dans une pyramide de verre, recouverte de panneaux solaires, à 5.000 m d'altitude au pied de l'Everest.

Le seuil de pollution aux particules est trois fois plus élevé ici que ce qui est acceptable pour la santé humaine, souligne le professeur Veerabhadran Ramanathan, expert international du célèbre nuage brun de pollution appelé ABC (atmospheric brown cloud).

Découvert en 2008 dans l'océan indien, ce nuage ABC est formé en grande partie par les fumées issues du brûlage des terres agricoles en Inde et au Pakistan. A quoi s'ajoute le développement anarchique de Katmandou, capitale du Népal, où l'on cuisine et se chauffe au bois.

La combinaison de l'essor démographique, des retards technologiques et du changement climatique risquent de conduire au Népal à des conséquences dévastatrices pour l'agriculture qui fait vivre 80% de la population locale, selon le professeur.

Les recherches sont menées in situ sous des conditions extrêmes d'oxygène raréfié et de pollution accrue qui réduisent les capacités physiques des chercheurs de 30%. A l'aide d'images satellites et d'instruments de la NASA qui peuvent mesurer la radiation solaire sous différents angles, les chercheurs examinent la modification de la terre et des glaces, dont des échantillons sont envoyés en laboratoire en Italie et à Grenoble en France.

Les scientifiques ont ainsi découvert que par temps de vents forts, les vallées fonctionnaient comme de véritable cheminées de la pollution. La présence de carbone noir, qui stocke la chaleur des rayons solaires, accélère le réchauffement climatique et donc la fonte des glaces. Et si la surface du glacier diminue, la quantité d'eau qui rejoindra ensuite les rivières sera également réduite, note l'hydrologue français Pierre Chevalier.

Et le problème ne se limite pas à l'Himalaya, explique Paolo Laj, chercheur à Grenoble, car 1,4 milliard de personnes dépendent de l'eau qui descend de ses glaciers.


(©AFP / 23 mai 2012 09h35)

    

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