Zuma confirme son choix controversé pour la Cour constitutionnelle


JOHANNESBURG - Le président sud-africain Jacob Zuma a nommé jeudi le pasteur évangélique Mogoeng Mogoeng à la tête de la Cour constitutionnelle, en dépit des violentes critiques dont il a fait l'objet pour ses positions conservatrices.

Il lui est notamment reproché d'avoir fait preuve d'une indulgence coupable dans des affaires de viols et de violences conjugales, et d'être farouchement opposé à l'homosexualité. Il avait en outre fait l'apologie de la peine de mort quand il était procureur de l'Etat fantoche du Bophuthatswana (nord-ouest) à la fin des années 1980.

M. Zuma avait déclenché une levée de boucliers en proposant M. Mogoeng pour le poste, soulevant les protestations d'une bonne partie du système judiciaire, de l'opposition et de la centrale syndicale Cosatu --pourtant alliée du pouvoir--, ainsi que d'associations de lutte contre sida, de défense des homosexuels et des droits des femmes.

Trois femmes ayant reçu le prix Nobel de la Paix --l'Irlandaise Mairead Maguire, l'Américaine Jody Williams et l'Iranienne Shirin Ebadi-- avaient alimenté le feu des critiques mercredi.

Lors d'audiences publiques le week-end dernier, M. Mogoeng avait rejeté les accusations d'homophobie et d'insensibilité aux victimes de viol.

Les consultations qui ont précédé la nomination effective n'ont pas du tout été unanimes, comme on peut s'y attendre dans une démocratie aussi dynamique et diversifié que la nôtre, a commenté le président jeudi.

Je m'engage à ne pas trahir cette confiance. J'ai aussi le voeu d'être fidèle à la République d'Afrique du Sud, de défendre et de protéger la Constitution, et les droits de l'Homme enracinés en elle, a déclaré Mogoeng Mogoeng jeudi.

La loi fondamentale sud-africaine est l'une des plus libérales du monde. Elle interdit notamment toute discrimination quelle que soit la race, le sexe, ou les orientations sexuelles.

J'ai confiance, Dieu m'aidera à accomplir cette tâche importante, a ajouté le nouveau président de la Cour constitutionnelle, qui entre immédiatement en fonction.

A son audition par ses pairs dimanche, M. Mogoeng avait assuré que Dieu voulait qu'il soit nommé. J'ai prié et j'ai reçu un signal, avait déclaré cet homme réputé proche du président Zuma.

(©AFP / 08 septembre 2011 18h20)

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