Le pétrole s'enfonce dans le rouge, toujours plombé par l'excès d'offre

Londres - Les cours du pétrole s'affichaient en baisse lundi en fin d'échanges européens, les fondamentaux d'une surabondance d'offre reprenant le dessus en l'absence de nouveaux indicateurs plus encourageants.

Vers 17H00 GMT (18H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 47,84 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 15 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance perdait 40 cents à 44,20 dollars.

Le prix du Brent est même tombé vers 14H10 GMT à 47,42 dollars, son niveau le plus faible en plus de trois semaines, et celui du WTI a atteint vers 14H00 GMT 43,92 dollars, au plus bas également depuis début octobre.

Le marché peinait à trouver des raisons de se reprendre alors que le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande, à l'approche des nouveaux chiffres hebdomadaires des stocks américains de brut, attendus de nouveau en hausse, continuait à peser sur les prix.

Le poids pesant sur les prix augmente et il est de plus en plus difficile pour le pétrole de rebondir, estimait Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

D'autant plus, selon l'analyste, que l'excès d'or noir disponible tend à déborder de plus en plus sur les produits distillés.

Avoir une situation de surabondance à la fois sur le brut et les produits distillés rend l'excès d'offre pétrolière encore plus généralisé, poursuivait-il.

Alors qu'un retour des raffineries à plein régime après leur période de maintenance suscitera un renouveau de la demande de brut, cela pourrait ne pas être une bénédiction pour les stocks de produits distillés, notait M. Schieldrop.

En outre, le récent renforcement du dollar, après l'annonce par la Banque centrale européenne (BCE) jeudi de la possibilité d'une extension prochaine de son programme de rachats d'actifs, avait tendance à pénaliser les acheteurs de pétrole munis d'autres devises puisque les échanges sur les marchés pétroliers se font en billets verts.

La seule chose qui empêche les prix de glisser encore plus bas, c'est la perspective à plus long terme, jugeaient de leur côté les analystes de Commerzbank, en mentionnant de nouvelles déclarations de Fatih Birol, à la tête de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Ce dernier a prédit que 2016 verrait un nouveau déclin dans les investissements pétroliers après que ceux-ci ont déjà chuté de plus de 20% cette année, ce qui constituerait la première baisse sur deux années consécutives en vingt ans, indiquaient les analystes de PVM.

(©AFP / 26 octobre 2015 18h26)