Hongrie: l'opérateur doute de la rentabilité du projet nucléaire de Paks

Budapest - L'opérateur de la centrale nucléaire hongroise de Paks, la société nationale d'électricité MVM, a indiqué lundi douter de la rentabilité des deux nouvelles tranches que le gouvernement de Viktor Orban prévoit d'y construire en partenariat avec la Russie, un projet controversé.

A cause du développement des ressources renouvelables, nous voyons clairement que les prix de l'énergie vont diminuer dans mégawattsle futur, a estimé le PDG de MVM, Peter Csiba, dans un entretien accordé au premier quotidien du pays, le Nepszabadsag.

Chiffrée à 12,5 milliards d'euros, la construction de deux nouveaux réacteurs de 1.200 mégawatts (MW) chacun est basée sur un prix prévisionnel de l'électricité compris entre 57 et 65 euros le MW/heure, a rappelé M. Csiba.

Or si les prix de gros étaient à 90-100 euros le MW/h il y a encore peu, nous en sommes aux alentours de 30 euros actuellement, du fait de la chute des produits pétroliers et de l'essor des renouvelables, a souligné le PDG, qui a indiqué préférer des investissements dans les énergies vertes.

Considéré comme projet stratégique pour M. Orban, l'agrandissement et la rénovation de Paks, près de Budapest, l'unique centrale nucléaire hongroise, est considéré avec scepticisme par l'opposition et par la Commission européenne.

Bruxelles a annoncé en novembre l'ouverture d'une enquête approfondie pour déterminer si l'investissement projeté par la Hongrie est justifié d'un point de vue économique ou s'il comporte une aide d'État.

De son côté, l'opposition a critiqué un manque total de transparence dans l'attribution, sans appel d'offre, de Paks II au groupe russe Rosatom début 2015. Le secret entourant ce contrat a été fixé à 30 ans.

Les détracteurs s'interrogent en particulier sur les modalités de financement du projet, qui s'accompagne d'un prêt allant jusqu'à 10 milliards d'euros de la part de Moscou.

Le gouvernement hongrois a toutefois assuré récemment être prêt à examiner des financement alternatifs à ceux proposés par la Russie.

Le chantier doit en principe commencer en 2018 et le premier réacteur entrer en service en 2023. La centrale de Paks, dont les réacteurs actuels sont vieillissants, fournit aujourd'hui 40% de la consommation d'électricité de la Hongrie.

(©AFP / 30 mai 2016 13h53)

News les plus lues