CEA: les personnels de sécurité défendent leurs missions et compétences

Paris - Des membres des formations locales de sécurité (FLS), personnels du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) assurant la sécurité des sites du CEA, ont manifesté mercredi à Paris pour défendre leurs missions et faire valoir leurs compétences.

Rassemblées à proximité du ministère de la Défense, où une délégation devait être reçue, environ 150 personnes ont manifesté bruyamment pour sauver (leur) métier, avec le soutien des syndicats CGT, CFTC, Unsa-Spaen et FO.

Créées dans les années 60 pour assurer la sécurité des sites du CEA, les FLS, composées d'anciens sapeurs-pompiers de Paris et de Marseille, d'anciens militaires, policiers et gendarmes, ont une double casquette: sécurité incendie et protection des personnes, ainsi que protection physique contre d'éventuelles intrusions, a expliqué à l'AFP Eric Pozzo (Unsa-Spaen), un de leurs représentants.

Or, leurs missions sont remises en cause par l'arrivée envisagée sur les sites du CEA dépendant de la Direction des applications militaires (CEA DAM) de pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), dans le cadre d'un renforcement de la sécurité face à la menace terroriste. Les gendarmes seraient chargés de la sécurité et les FLS uniquement du secours incendie et de la protection des personnes, a indiqué Laurent Millon (CGT).

Outre la baisse des effectifs et la perte de compétences qui pourraient en découler, les FLS dénoncent les problèmes de gouvernance et opérationnels au quotidien qu'un tel schéma poserait, les FLS étant sous l'autorité du directeur du site et les gendarmes sous celle de leur hiérarchie, a ajouté M. Millon.

On ne conteste pas qu'il faille renforcer la sécurité des sites, a souligné M. Pozzo, plaidant pour un renforcement à proximité immédiate et pas à l'intérieur, où on connaît nos installations, le risque nucléaire, le risque chimique.

Pour les sites civils du CEA, un projet prévoyant de renforcer la sécurité, notamment par l'extension du parc de caméras, la modification des clôtures et l'augmentation des effectifs est sur pied, selon les syndicats. Nous demandons que le renforcement côté militaire soit calqué sur ce projet, a dit le représentant CGT, en déplorant un système deux poids deux mesures alors que le risque nucléaire concerne tous les sites.

En grève depuis le 4 juillet mais à leur poste pour assurer les éventuelles missions d'urgence, les FLS ont décidé la poursuite de leur mouvement.

(©AFP / 28 septembre 2016 16h12)