Abengoa: la justice confirme sept mois de répit pour éviter la faillite

Madrid (awp/afp) - L'accord passé par le groupe espagnol Abengoa avec la plupart de ses créanciers, lui accordant sept mois de répit pour se restructurer et éviter la faillite, a été validé mercredi par le tribunal de commerce de Séville (sud).

"J'homologue l'accord de refinancement", a écrit mercredi le juge du tribunal de commerce de Séville.

Avec cette décision de justice, le moratoire de sept mois sur la dette concerne désormais 100% des créanciers d'Abengoa, qu'ils aient ou non signé l'accord, a souligné une source proche du groupe.

Placé en pré-dépôt de bilan depuis la mi-novembre, le géant des énergies renouvelables avait réussi le 28 mars à faire adopter par les trois quarts de ses créanciers une clause dite de "standstill" (gel de procédure). Elle permet de suspendre toute demande de paiement anticipé de leur part et la vente de participations pendant sept mois.

Selon le jugement, la dette n'est désormais pas exigible avant "le 28 octobre inclus".

"L'accord intervient dans le cadre du plan de viabilité qui prévoit la continuité de l'activité entrepreneuriale des débiteurs pendant au moins cinq ans", selon le jugement.

Le juge a pris en compte le fait qu'Abengoa, malgré ses pertes de 1,231 milliard d'euros en 2015, avait fini l'année avec un chiffre d'affaires de 5,7 milliards d'euros et un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 515 millions d'euros.

"Nous nous trouvons devant l'hypothèse d'un groupe viable du point de vue opérationnel mais endetté du point de vue financier", résume-t-il.

La justice a également tenu compte du fait qu'Abengoa avait obtenu un prêt de 106 millions d'euros fin décembre, puis un autre de 137 millions fin mars, notamment pour régler salaires et factures urgentes.

Abengoa avait déjà annoncé en mars vouloir mettre à profit ce délai de sept mois pour "mener à bien (son) plan de viabilité économique et financier", "reprendre les affaires dans un cadre stable" et "protéger sa position de leadership dans les secteurs de l'énergie et de l'environnement".

Abengoa souhaite aussi que ses filiales américaines soient placées sous la protection de la loi nationale sur les faillites.

Le groupe choisi en 2010 pour construire aux Etats-Unis une des plus grandes centrales solaires au monde s'est déjà engagé à réduire sa lourde dette, fruit d'investissements tous azimuts et d'une croissance à l'étranger mal contrôlée. Elle doit passer de 9,4 milliards d'euros à fin 2015 à 4,9 milliards.

Le groupe, très présent aux Etats-Unis et en Amérique du Sud, comptait 28.100 salariés fin 2015 dont environ 7.000 en Espagne.

afp/rp

(AWP / 06.04.2016 14h15)
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