Accord dans l'UE pour un objectif de 32% d'énergies renouvelables d'ici 2030

Bruxelles - Les négociateurs du Parlement européen et des pays de l'UE ont conclu jeudi un accord fixant à 32% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'ici 2030, avec un objectif d'élimination progressive de biocarburants comme l'huile de palme en Europe.

Pour rendre le domaine des transports plus "propre", "une part minimale d'au moins 14% du carburant doit provenir de sources renouvelables d'ici 2030", selon cet accord provisoire qui devra encore être confirmé par un vote des eurodéputés et soumis à l'approbation du Conseil de l'UE (les Etats membres).

Les biocarburants dits de première génération, basés sur les cultures vivrières, "ne doivent en aucun cas dépasser 7% de la consommation finale du transport routier et ferroviaire", a précisé le Parlement européen dans un communiqué.

Parmi cette catégorie de biocarburants, certains comme l'huile de palme "seront progressivement éliminés", prévoit l'accord, en raison notamment de la déforestation provoquée par leurs cultures.

Cette élimination se fera "par un processus de certification pour les biocarburants à émissions nulles ou faibles liées au changement indirect dans l'affectation des sols, qui devra être mis en place", selon le Parlement.

Quant à la part des "biocarburants avancés et du biogaz", elle doit de son côté "être d'au moins 1% en 2025 et d'au moins 3,5% en 2030".

L'accord prévoit par ailleurs que les Etats membres devront "veiller à ce que les consommateurs européens puissent devenir des autoconsommateurs d'énergie renouvelable". Il faudra notamment garantir "une rémunération pour l'électricité renouvelable autoproduite qu'ils injectent dans le réseau".

"Nous avons découragé les investissements dans la nouvelle production de biocarburants à base de cultures vivrières et nous avons fait pression pour le développement et l'utilisation de biocarburants avancés", s'est réjoui jeudi le rapporteur du texte pour le Parlement, le socialiste José Blanco Lopez.

L'eurodéputée française Karima Delli (Verts) a souligné que l'accord avec les Etats membres prévoyait une sortie progressive des agrocarburants de première génération "seulement d'ici 2030", alors que le Parlement avait demandé "une sortie de l'huile de palme dans les transports à partir de 2021".

"Malheureusement, derrière la promesse d'énergies renouvelables (...) plane encore trop souvent la menace d'énergies sales et voire encore plus polluantes que le diesel fossile", a-t-elle estimé, en référence aux agrocarburants issus d'huile de palme, de soja ou de colza.

Elle a appelé la France à "prendre toutes les dispositions qui s'imposent pour stopper les importations d'huile de palme et encourager au maximum les agrocarburants issus de déchets et du recyclage".

(©AFP / 14 juin 2018 17h25)
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