Afghanistan: 11 soldats tués dans une embuscade près de la frontière avec l'Iran

Hérat (Afghanistan) - Onze soldats afghans ont été tués lors d'une embuscade dans l'ouest afghan, près de l'Iran, une région d'ordinaire plutôt stable, signe l'intensité et de l'étendue des combats contre les forces gouvernementales en pleine offensive estivale.

Les insurgés islamistes, talibans et autres factions, sont en général plus actifs dans leurs fiefs du sud et des régions limitrophes du Pakistan, le long de la frontière orientale de l'Afghanistan.

Mais depuis le début du printemps cette année, ils ont également lancé une série d'attaques destinées à prendre des districts du nord à l'armée et à la police afghanes, qui leur font face seules pour la première fois depuis 2001, après la fin de la mission de combat des troupes de l'Otan en décembre dernier.

La nouvelle attaque a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dans la province d'Hérat, qui borde la frontière iranienne, alors que les soldats roulaient en convoi, a indiqué à l'AFP Ehsanullah Hayat, porte-parole du gouverneur de la province.

Onze soldats afghans sont morts dans l'embuscade tendue par les talibans, a-t-il ajouté, un bilan confirmé par Najibullah Najibi, porte-parole de l'armée pour l'Ouest de l'Afghanistan. L'attaque n'a pas été revendiquée par les talibans, généralement prompts à s'attribuer la mort de soldats lors de combats ou d'attentats.

L'armée, la police, le gouvernement afghans et les forces étrangères sont les cibles de prédilection des rebelles dans l'insurrection qu'ils mènent depuis la chute de leur régime en 2001.

Les rebelles continuent également de mener régulièrement des attaques spectaculaires à Kaboul, pour démontrer qu'ils peuvent frapper jusqu'au coeur du pouvoir afghan.

La dernière a eu lieu il y une semaine au parlement, lancée par l'explosion d'une voiture piégée qui a tué deux civils devant le bâtiment. Les forces de sécurité ont ensuite repris le contrôle du complexe deux heures plus tard, sans qu'aucun député ne soit blessé.

Cette attaque était d'autant plus symbolique que les députés s'apprêtaient à entendre Mohammed Massoum Stanekzai, le candidat désigné par le président Ashraf Ghani au poste de ministre de la Défense, vacant depuis l'élection présidentielle de 2014.

Lors de son élection, M. Ghani s'était engagé auprès de ses concitoyens, premières victimes des violences, à ramener la paix dans le pays.

Depuis décembre, l'Otan n'y dispose plus que d'une force résiduelle de quelque 12.500 hommes, en majorité américains. Ils se concentrent sur la formation de l'armée locale, mais leur présence fait toujours débat.

Lundi, des dizaines de personnes ont ainsi manifesté à Charikar, capitale de la province de Parwan située à 70 km au nord de Kaboul, pour protester contre un raid des forces américaines mené la nuit précédente.

Les soldats y ont fait exploser un dépôt d'armes chez un ancien moudjahidine, résistant à l'invasion soviétique des années 1980.

Le stock contenait des munitions qui auraient pu être utilisées contre les forces afghanes et celles de la coalition, a affirmé à l'AFP une porte-parole de la mission de l'Otan, qui a confirmé que le raid a été mené par des soldats américains.

Mais Mohammed Zaman Mamouzaï, chef de la police provinciale, s'est plaint que ses forces n'avaient pas été informées de l'opération qui n'a toutefois fait aucun blessé.

Face à l'ire populaire à Charikar, le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah a convoqué en toute hâte une conférence de presse durant laquelle il a demandé aux habitants de garder leur calme, ajoutant avoir évoqué le sujet avec le général américain John Campbell, patron des forces de l'alliance en Afghanistan.

Parwan abrite notamment la base aérienne de Bagram, où sont stationnés une grande partie des soldats de l'Otan.

(©AFP / 29 juin 2015 14h53)
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