Air France: pilotes en grève pour le 3e jour - Manuel Valls dénonce

Le gouvernement français a appelé mercredi à l'arrêt du bras de fer entre la compagnie Air France et ses pilotes, en grève pour le troisième jour consécutif. 40% des avions tricolores seulement ont décollé, une situation qui devrait se répéter jeudi.

"Il faut arrêter cette grève" qui "n'est pas comprise", a déclaré le premier ministre socialiste Manuel Valls. Auparavant, son ministre de l'Economie Emmanuel Macron a appelé l'entreprise "à quelques concessions". "Il est regrettable qu'une seule catégorie, en l'occurrence les pilotes, puisse mettre à l'arrêt le transport aérien dans le pays", a dit Manuel Valls à la radio France Inter. "C'est l'avenir de la compagnie Air France qui est en jeu et le dialogue social doit nous sortir de ce conflit."

A l'origine du conflit, le développement de Transavia, la filiale à bas coût d'Air France. Le SNPL, principal syndicat, craint que le projet en l'état de la direction, avec des engagements locaux, n'entraîne un "pillage de l'emploi français".

Jusqu'à présent et malgré plusieurs séances de négociation, la direction n'a pas réussi à rassurer les pilotes sur ses projets. A sa proposition de limiter l'augmentation de la flotte à 30 avions d'ici à 2019, contre 37 initialement prévus, le SNPL a opposé une fin de non-recevoir. Dernière proposition en date, celle de conclure avec les syndicats un accord sur le partage des activités de Transavia France, Hollande et Europe.

Première assemblée de pilotes
Plus de 250 pilotes ont pris part à leur première assemblée générale organisée depuis le début du conflit. A leur sortie, la plupart refusaient de parler à la presse. Le message était "tenir bon sur le contrat unique", a résumé François Hamant, du syndicat Alter (non représentatif).

Ce contrat pilote unique pour toutes les compagnies du groupe Air France (Air France, Transavia, Hop!) est la condition posée par les syndicats pour soutenir les projets de développement de la filiale low cost du groupe Transavia, à l'origine du conflit.

Pilotes d'Air France 40% plus chers

Trop cher, répond la direction. Pour réagir à la concurrence toujours plus vive de transporteurs à bas coûts, le groupe AF-KLM souhaite développer la flotte de Transavia en France en attirant des volontaires d'Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

(ats / 17.09.2014 18h42)