Airbus et Boeing rivalisent de commandes à l'ouverture du Salon du Bourget

Le Boeing 737 Max 10, lors de sa présentation en conférence de presse le 19 juin 2017 au salon du Bourget, près de Paris / © AFP / ERIC PIERMONT
Le consortium européen Airbus et son concurrent américain Boeing ont rivalisé d'annonces de commandes d'avions lundi au premier jour du Salon aéronautique du Bourget, inauguré par le président français Emmanuel Macron.

Dès le coup d'envoi du Salon, Boeing a divulgué une série de commandes chiffrées en milliards de dollars dont plusieurs engagements d'achat de son dernier appareil, le 737 MAX 10, qu'il a lancé à l'occasion du salon.

Cette version allongée de son moyen-courrier best-seller est une réponse à la concurrence âpre de l'A321neo d'Airbus, grâce auquel l'avionneur européen s'est taillé une part de 60% du marché des moyen-courriers re-motorisés.

Côté européen, la réponse a fusé, Airbus annonçant à son tour une commande de 100 A320neo pour plus de 10 milliards de dollars juste avant la venue du président français sur son stand. Puis une autre de l'américain Air Lease Corporation: 12 Airbus A321neo pour plus de 1,5 milliard de dollars.

Au même moment, en marge du Salon, la Commission européenne a autorisé une aide de 377 millions d'euros accordée par la France et l'Allemagne pour le développement d'un nouvel hélicoptère de transport d'Airbus, baptisé X6.

"L'Europe doit gagner en puissance" et "doit pouvoir s'appuyer sur un secteur spatial et aéronautique qui soit robuste, dynamique et innovant", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, sur un tarmac du Bourget écrasé par la canicule.

"2016 était une année pour le populisme, 2017 semble être une année pour l'Europe", a-t-il ajouté, venu "pour prendre le pouls" des industriels européens sur place après l'annonce le 7 juin d'un fonds européen pour financer des recherches et inciter à la coopération en matière de défense européenne.

M. Macron est arrivé peu avant 10H00 en avion de transport A400M, après avoir décollé 15 minutes plus tôt de Villacoublay (près de Versailles) en compagnie de deux ministres, une vingtaine de salariés et d'entrepreneurs du secteur aéronautique, grand contributeur au commerce extérieur hexagonal.

Programme militaire le plus ambitieux jamais lancé en Europe, l'A400M d'Airbus a connu d'importants surcoûts et retards ainsi que des problèmes techniques et un accident mortel en 2015.

La délégation a assisté à des démonstrations aériennes, notamment du très gros porteur A380, de l'avion d'affaires Falcon et du jet de combat Rafale du français Dassault Aviation et d'hélicoptères militaires de production européenne, Caïman (NHIndustries NH90) et Tigre (Eurocopter EC665). Le dernier né de la famille A350, l'A350-1000, a effectué des figures impressionnantes.

M. Macron a ensuite rencontré le spationaute français Thomas Pesquet, qui lui a offert une photo de Paris vue depuis la Station spatiale internationale (ISS) et lui a parlé de Mars. "Ca vous démange! A croire que vous n'êtes pas bien sur Terre!", a plaisanté le président français.

- huit à dix années de production -

Placé sous très haute sécurité en raison de la menace terroriste, avec un dispositif aérien composé d'avions de chasse, d'hélicoptères, de missiles sol-air ainsi que de dizaines de "guetteurs", le plus grand salon aéronautique du monde ouvrira ses portes au public vendredi. Plus de 350.000 visiteurs sont attendus jusqu'à dimanche, dont 150.000 professionnels, et 2.370 exposants.

Au rang des nouveautés figurent l'A321neo et l'A350-1000 d'Airbus, le Boeing 787-10 "Dreamliner" et le 737 Max 9 ou encore l'Antonov 132 D.

Côté militaire, la démonstration assourdissante du F-35A, l'avion de combat de dernière génération de l'armée de l'air américaine, développé par Lockheed Martin et rival du Rafale de Dassault a été très suivie. Lockheed a aussi marqué des points en annonçant que son avion de combat F-16 serait bientôt produit en Inde.

Sur le front des commandes d'appareils, cette édition ne devrait pas connaître le faste des années précédentes. le secteur reste cependant porté par la croissance du trafic aérien dans le monde, et les grands avionneurs ont devant eux de huit à dix années de production en carnet de commandes.

Airbus, qui a publié récemment des prévisions de marché sur 20 ans en hausse, prévoit un doublement de la flotte mondiale d'ici à 2036, à 35.000 nouveaux appareils pour une valeur de 5.300 milliards de dollars.

Boeing doit publier les siennes mardi, mais Kevin McAllister, le patron de la branche aviation civile du géant de Seattle, a dit dimanche tabler sur un besoin de 41.000 avions d'ici 20 ans.



(©AFP / 19 juin 2017 16h26)
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