Alcoa: les prix de l'aluminium et la chine engloutissent les bénéfices

New York (awp/afp) - Le géant de l'aluminium et des alliages Alcoa, qui est en train de se scinder en deux, a annoncé jeudi un plongeon de ses bénéfices et chiffre d'affaires au troisième trimestre, invoquant notamment une lourde charge de restructuration.

Le bénéfice net a été divisé par plus de trois à 44 millions de dollars, contre 149 millions un an plus tôt, pour un bénéfice par action ajusté de 7 cents, soit la moitié de ce qui était anticipé en moyenne par les analystes.

Le chiffre d'affaires trimestriel a reculé, lui, de 10,7% sur un an à 5,57 milliards de dollars, contre 5,68 milliards escomptés, selon un communiqué.

Cette mauvaise performance reflète la fragilité du groupe américain face à la chute des cours de l'aluminium, qui l'a poussé à fermer des usines et à réduire ses capacités de raffinage dans un contexte de surabondance de l'offre.

Les cours sont tombés à des plus bas en six ans, aux alentours de 1.600 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), en raison de surplus et des difficultés de la Chine, qui concentre entre 40% et 50% de la consommation de métaux de base mondiale, selon l'analyste Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Lors d'une conférence téléphonique avec les analystes après la publication des résultats, le PDG Klaus Kleinfeld a indiqué qu'il estimait à 551.000 tonnes le surplus de production d'aluminium en 2015.

Le groupe a ainsi inscrit dans ses comptes une charge de 65 millions de dollars, liée à la réduction de ses opérations d'aluminium, le dégraissage de son portefeuille d'activités, à son plan d'économies et aux coûts attachés à la scission de l'entreprise.

"Le troisième trimestre a révélé des difficultés économiques et une volatilité importante dans certains de nos marchés", a justifié le PDG Klaus Kleinfeld, dont le groupe lance traditionnellement la saison des résultats trimestriels aux Etats-Unis.

La performance d'Alcoa est particulièrement observée parce qu'elle donne le ton sur l'état du secteur industriel vu que ses activités dépendent étroitement de l'environnement économique.

Pour l'année en cours, le groupe a révisé ses prévisions sur la Chine. Il s'y attend à une croissance de 1 à 2% de ses ventes dans l'automobile contre de 5 à 8% auparavant, de 4 à 6% dans la construction contre de 6 à 8% avant. La demande devrait reculer davantage que prévu dans la fabrication de camions et de remorques (-22 à -24% contre de -14 à -16% auparavant).

Alcoa table toujours sur une croissance de ses ventes dans le secteur aéronautique, de 9% contre 10%, alors que la demande mondiale d'aluminium en 2014 serait en hausse de 6,5%, inchangée comparé aux précédentes prévisions. Enfin, la demande pour les pales et turbines devrait augmenter de 3 à 4% contre 1 à 3% précédemment.

- L'action dévisse -

Le titre dévissait de 4,81% à 10,48 dollars vers 21H55 GMT dans les échanges électroniques d'après-clôture à Wall Street.

Alcoa a annoncé la semaine dernière qu'il allait se scinder en deux sociétés indépendantes pour se protéger de l'instabilité des prix de l'aluminium et mieux refléter ses priorités.

L'une conservera le nom Alcoa et regroupera les activités d'exploitation du bauxite, de l'alumine et de l'aluminium, de fonderie et d'énergie, qui ne représentent plus qu'environ 40% du chiffre d'affaires.

L'autre entité, qui n'a pas encore de nom, comprendra les produits et solutions d'ingénierie, ainsi que les solutions destinées à l'aéronautique et à l'automobile.

Le troisième trimestre a confirmé la montée en puissance de cette dernière société, qui a enregistré un bénéfice opérationnel trimestriel de 257 millions de dollars quand le coeur d'activité historique est tombé dans le rouge avec une perte opérationnelle de 59 millions de dollars.

Cette tendance devrait se poursuivre puisque la société tournée vers l'aéronautique et l'automobile est fournisseur du constructeur automobile Ford sur la production de la nouvelle version de son pick-up best-seller F-150 et vient de décrocher un contrat d'un milliard de dollars avec l'avionneur Airbus, à qui elle va fournir de rivets et systèmes de fixation pour carlingues et moteurs. Elle vient aussi de signer un contrat de 1,1 milliard de dollars avec le groupe de défense Lockheed Martin à qui elle fournit des structures en titane pour l'avion ravitailleur F-35.

afp/rp

(AWP / 09.10.2015 06h21)
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