Alpiq: une sortie du nucléaire coûterait 2,5 mrd CHF au groupe

Zurich (awp) - Une votation en faveur de la sortie du nucléaire en Suisse coûterait 2,5 mrd CHF à Alpiq, a averti lundi le groupe énergétique, alors que l'initiative "Sortir du nucléaire" doit être soumise au vote populaire le 27 novembre.

"Un arrêt anticipé volontaire n'est économiquement pas viable pour l'entreprise. Les calculs montrent que, dans le système actuel, la poursuite à long terme de l'exploitation est la variante économique la moins dommageable pour Alpiq", a précisé le groupe lausannois dans un communiqué.

Le groupe détient une participation de 40% dans la centrale nucléaire de Gösgen-Däniken et 32,4% dans celle de Leibstadt. Mises en service respectivement en 1979 et 1984, les deux centrales disposent d'une autorisation d'exploitation à durée illimitée.

Dans le cas d'une acceptation l'initiative des Verts, Gösgen devra être arrêtée en 2024 et Leibstadt en 2029.

Alpiq reconnait cependant que "les coûts de revient restent supérieurs aux prix de marché et les centrales nucléaires ne peuvent pas être exploitées de manière compétitive". Le groupe appelle ainsi à des "conditions-cadres stables" dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050.

Axpo a également tiré la sonnette d'alarme en prévision de l'initiative. Le groupe énergétique demandera 4,1 mrd CHF d'indemnisation dans le cas de l'acception de l'initiative, a averti son patron, Andrew Walo, dans un entretien paru dimanche dans le journal "NZZ am Sonntag".

L'initiative populaire des Verts veut débrancher les centrales nucléaires après 45 ans et remplacer le courant qu'elles produisent par des énergies renouvelables. Si le peuple dit "oui", Beznau I devrait être arrêtée dès l'année prochaine.

Idem pour les centrales de Beznau 2 et de Mühleberg. Gösgen devrait être arrêtée en 2024 et Leibstadt en 2029. BKW, l'exploitant de Mühleberg, a déjà décidé de fermer le site en 2019 pour des raisons économiques.

al/jh

(AWP / 31.10.2016 08h03)