Angola: des séparatistes du Cabinda veulent toujours déposer les armes

Luanda - Le Front de libération de l'enclave de Cabinda (Flec) a réitéré sa volonté de mettre fin au conflit armé l'opposant au gouvernement angolais, bien qu'une partie des séparatistes poursuivent leurs actions de guérilla.

Nous déclarons la fin de la lutte armée dans le territoire de Cabinda, et cela dans l'intérêt de la paix, de la réconciliation et de la justice, a fait savoir Nzita Tiago, le chef historique du mouvement séparatiste dans une lettre datée du 4 février, et dont une copie est parvenue jeudi à l'AFP.

L'enclave de Cabinda produit 60% du pétrole de l'Angola, deuxième producteur d'Afrique derrière le Nigeria, mais la majorité de ses 400.000 habitants vit dans la pauvreté.

Depuis Paris où il réside, le chef du Flec a aussi appelé le président angolais José Eduardo dos Santos à former une commission réunissant des personnalités liées à Cabinda et des députés pour trouver une solution au problème de l'enclave angolaise, coincée entre les deux Congos à l'extrême nord-est du pays.

Affirmée depuis 2012, cette volonté de dialogue du président du Flec n'a pour le moment suscité aucune réaction de la part de l'exécutif angolais.

Elle n'est pas non plus suivie d'effet sur le terrain où des séparatistes se revendiquant d'une autre branche du Flec, le Flec FAC (Forces armées de Cabinda) d'Alexandre Tati Builo, continue à mener des actions de guérilla sporadiques contre l'armée angolaise.

Le conflit est une réalité puisqu'il y a toujours des attaques comme cela s'est produit en fin et en début d'année, a renchéri José Marcos Mavungo, activiste des droits de l'homme.

L'enclave de Cabinda, riche en pétrole, est le théâtre de troubles séparatistes depuis son annexion par l'Angola après l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975.

Un accord de paix a été signé en 2006 entre Luanda et Antonio Bento Bembe, le dirigeant d'une des branches du Flec, mais il a été dénoncé par d'autres factions du mouvement indépendantiste --dont celle de Nzita Tiago--, des membres de la société civile et des Eglises.

Depuis, les séparatistes continuent leur action malgré leurs divisions internes. Leur dernier coup d'éclat remonte au 8 janvier 2010 avec le mitraillage (deux morts) d'un bus de l'équipe de football du Togo, lors de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN).

Le gouvernement angolais maintient sa présence militaire dans l'enclave, et des associations dénoncent régulièrement des cas de torture et de violation des droits de l'homme.

(©AFP / 05 février 2015 20h24)
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