Anne-Marie Couderc, à la tête d'Air France-KLM en attendant une solution pérenne

La présidente par intérim d'Air France-KLM Anne-Marie Couderc et le président démissionnaire du groupe Jean-Marc Janaillac, le 15 mai 2018 / © AFP / ERIC PIERMONT
L'ancienne ministre Anne-Marie Couderc va assurer la présidence non-exécutive d'Air France-KLM, entourée d'un comité de direction collégiale, en attendant que soit trouvé un successeur à Jean-Marc Janaillac, Pdg démissionnaire d'un groupe en pleine tourmente sociale.

La ministre de l'Emploi sous Alain Juppé, qui a mené une délicate opération de restructuration chez le distributeur de presse Presstalis qu'elle a quitté en 2017, va être épaulée par un comité de direction collégiale (CDC) composé de trois hommes, a annoncé mardi le conseil d'administration du groupe.

Frédéric Gagey, directeur général adjoint en charge des Finances d'Air France-KLM, fera fonction de directeur général tandis que Franck Terner, directeur général d'Air France, et Pieter Elbers, président du directoire de KLM, feront fonction de directeurs généraux adjoints.

Cette transition "devra être la plus brève possible", a déclaré le conseil d'administration.

S'agissant du conflit social, le conseil d'administration a précisé mardi que "le directeur général d'Air France n'a pas de nouveau mandat pour prendre des décisions qui remettraient en cause la stratégie de croissance", ce qui limite donc ses capacités de négocier avec les syndicats.

La transition prendra fin lorsque le groupe aura trouvé la perle rare qui reprendra les commandes d'un groupe en pleines turbulences après un bras de fer entre la direction et les syndicats, qui a coûté son siège à Jean-Marc Janaillac.

Le futur patron pourra être recruté aussi bien en interne qu'en externe, et rien n'empêche dans les textes qu'il soit Néerlandais. Le patron de KLM est cité dans la presse parmi les favoris.

"La feuille de route d’un nouveau dirigeant ne peut pas être de suivre la feuille de route des revendications des organisations syndicales quand bien même une consultation serait intervenue", a réagi mardi un représentant de l'Elysée.

A la tête du groupe depuis juillet 2016, M. Janaillac avait mis son poste dans la balance lors d'une consultation du personnel sur un accord salarial prévoyant 2% d'augmentation immédiate et 5% au cours de la période 2019-2021.

Les résultats ont été publiés le 4 mai et aussitôt suivis par l'annonce de la démission du PDG: 55,44% des personnels d'Air France avaient voté contre le projet de la direction.

Devant l'assemblée générale du groupe M. Janaillac a déclaré mardi qu'Air France traversait une des crises "les plus difficiles de son histoire"

Le rejet de l'accord est "la traduction du malaise et l'expression des inquiétudes, des frustrations" du personnel, a-t-il estimé ajoutant que "les racines du mal dont souffre Air France sont sans doute anciennes".

- Un successeur "calme et résilient" -

Une intersyndicale réunissant les organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et Sud) réclamait une hausse de 5,1% dès cette année pour compenser la perte de pouvoir d'achat subie, selon elle, depuis la dernière augmentation générale en 2011, et au vu des bons résultats enregistrés par le groupe en 2017.

M. Janaillac a esquissé devant quelques journalistes le profil de son successeur: quelqu'un de "calme et résilient", "un manager qui soit en capacité d'inspirer les équipes", "un négociateur qui ait l'imagination de trouver des terrains d'entente, de trouver en permanence la porte de sortie par le haut" et qui ait "une expérience internationale".

Le groupe franco-néerlandais doit faire face à une concurrence de plus en plus agressive de la part des deux autres géants européens (l'allemand Lufthansa et IAG, la maison mère de British Airways et Iberia), des low cost européennes pour le moyen-courrier, des compagnies du Golfe et asiatiques et, plus récemment, de compagnies low cost qui se lancent sur le marché du long-courrier.

Le personnel d'Air France a observé 15 jours de grève depuis le 22 février, qui ont coûté au moins 300 millions d'euros au groupe, selon la direction.

Le groupe a affiché au premier trimestre une perte d'exploitation de 118 millions d'euros, dont 178 millions pour la seule Air France.



(©AFP / 16 mai 2018 11h18)


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