Anomalies sur des pièces de centrales nucléaires: question pas réglée, selon l'ASN

Caen - Areva doit encore prouver que les anomalies révélées en avril dans la procédure de fabrication de nombreux composants de réacteurs nucléaires ne mettent pas en cause la résistance de ces pièces, a indiqué mardi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

A ce stade, Areva estime que la tenue mécanique des matériels, l'intégrité des équipements, n'est pas mise en cause. L'ASN estime que les justifications fournies à ce jour sont insuffisantes pour aboutir à cette conclusion, a déclaré Guillaume Bouyt, chef de l'antenne de l'ASN basée à Caen, interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse de bilan régional annuel.

La question n'est pas réglée (...) L'instruction continue, a ajouté M. Bouyt rappelant que les dysfonctionnements dans le processus d'assurance de la qualité des pièces pourraient concerner un grand nombre de pièces de l'ordre de 400.

En mai le gendarme du nucléaire avait précisé que sur ces 400 pièces produites depuis 1965 une cinquantaine serait en service sur le parc électronucléaire français.

Il reste à préciser quelles centrales sont concernées, a indiqué mardi M. Bouyt.

Pour certains équipements, en particulier les générateurs de vapeur, qui font l'objet d'un examen prioritaire, l'ASN estime que les compléments doivent être fournis dans des délais restreints, a ajouté M. Bouyt.

Les actions lancées par Areva depuis l'identification de ces anomalies sont extrêmement vigoureuses, a-t-il toutefois précisé.

Le 12 mai, EDF avait assuré que l'analyse de ces anomalies n'avait mis au jour aucun défaut nécessitant de mettre à l'arrêt une centrale française exploitée par EDF.

Le 4 mai, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal avait indiqué que les premiers résultats des tests menés par Areva étaient bons: c'est-à-dire, les pièces sont conformes, ce sont les documents qui ont été mal faits, avait déclaré la ministre sur RTL.

Ces irrégularités consistent en des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication portant sur des paramètres de fabrication ou des résultats d'essais, avait précisé l'ASN le 3 mai.

Ces anomalies ont été détectées dans l'usine du Creusot d'Areva spécialisée dans les grandes pièces formant les composants des îlots nucléaires des centrales.

L'ASN est par ailleurs revenu sur la corrosion plus rapide que prévu d'évaporateurs de l'usine de retraitement de déchets nucléaires d'Areva à Beaumont-Hague, révélée en février. L'ASN a décidé d'encadrer réglementairement, c'est-à-dire de fixer précisément, dans les semaines qui viennent, le suivi de l'évolution des épaisseurs de ces cuves extrêmement irradiantes. C'est un point d'attention tout à fait majeur, a ajouté M. Bouyt.

Dans cette usine où travaillent près de 5.000 personnes, le gendarme du nucléaire surveille par ailleurs toujours de près le reconditionnement de déchets de haute et moyenne activité, emballés entre 1966 et 1998, et qui ne répondent actuellement pas aux exigences de sûreté. Pour certains déchets Areva continue à rencontrer des difficultés techniques certaines, a indiqué M. Bouyt.

Cet enjeu demeure majeur, y compris au regard des difficultés financières d'Areva, selon M. Bouyt.

clc/axt/nas

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(©AFP / 31 mai 2016 18h00)
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