Ardennes : les fouilles sur un terrain ayant appartenu à Fourniret reprendront mercredi

Floing (France) - Les fouilles sur un terrain ayant appartenu au tueur en série Michel Fourniret à Floing (Ardennes) se sont poursuivies mardi pendant huit heures et doivent reprendre mercredi, les corps d'au moins deux de ses victimes n'ayant jamais été retrouvés.

Menées depuis lundi, les fouilles se font désormais plus précises sur ce lopin de terre ayant appartenu de 1964 à 1999 à "l'Ogre des Ardennes". A la pelleteuse ont succédé des outils manuels, a constaté une journaliste de l'AFP.

Malgré la nuit et l'humidité, les gendarmes ont poursuivi les recherches à la lumière de projecteurs jusqu'à 18H30, tandis que le périmètre de sécurité a été renforcé sur le site. Elles reprendront mercredi, selon la gendarmerie.

Michel Fourniret a lui-même vécu dans une grange aménagée à quelques dizaines de mètres de ce jardin, sur la vaste propriété du "Clos de la Joncquière", qu'il a ensuite vendue en plusieurs parcelles.

Niché entre ces parcelles, ce jardin a cependant été sanctuarisé par Fourniret: les acheteurs en ont certes obtenu la copropriété, mais avec interdiction d'y toucher, une volonté respectée par les nouveaux propriétaires. Et contrairement à la maison, il n'a jamais été fouillé.

"Il y au moins un corps recherché, celui de Marie-Angèle Domece, mais cette fouille est susceptible de concerner d'autres affaires", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier, en évoquant aussi le corps introuvable de Farida Hammiche et l'affaire de la disparition d'Estelle Mouzin.

Agé de 76 ans, Michel Fourniret a été condamné en 2008 à la perpétuité incompressible pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol. Le 16 novembre, il a été à nouveau condamné à la perpétuité pour l'assassinat en 1988 de Farida Hammiche. Marie-Angèle Domece, handicapée mentale, avait pour sa part disparu en juillet 1988 dans l'Yonne, à 19 ans.

Me Richard Delgenes, l'avocat de Monique Olivier - ex-femme de Fourniret également condamnée à perpétuité - s'est rendu sur les fouilles mardi. "Ça mérite de fouiller encore. Il y a matière, ça peut être jackpot (...), a-t-il confié à des journalistes.

En mars, Michel Fourniret a relancé les spéculations sur sa possible implication dans la disparition d'Estelle Mouzin en 2003, à l'âge de neuf ans à Guermantes (Seine-et-Marne), en livrant devant une juge d'instruction ce qu'une avocate de la famille Mouzin qualifie d'"aveux en creux".

Corinne Herrmann, avocate de la famille Parrish et Domece avec Didier Seban, juge ces recherches pertinentes. "Nous étions inquiets de voir que ce lieu n'avait pas encore été fouillé. (...) Si on ne trouve pas de restes, on peut néanmoins tomber sur des indices d'autre nature", a-t-elle dit.

Cette fouille intervient alors que l'enquête sur le volet Parrish et Domece arrive dans sa phase finale, la juge ayant annoncé en mai aux parties civiles que le procès du couple pourrait se tenir en 2019 ou 2020.

La maire de cette commune proche de Sedan, Dominique Meurie, s'est interrogée sur ces fouilles qu'elle juge tardives. "Étant moi-même du village, on se demande tous pourquoi ça n'avait pas été fait avant. Tout le monde savait qu'il avait une propriété là, qu'il l'avait vendue et demandé aux acquéreurs de ne rien toucher. Il se peut qu'il n'y ait rien du tout mais c'est à explorer...", a-t-elle dit à l'AFP.

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(©AFP / 18 décembre 2018 19h28)