Areva: la CFE-CGC dénonce les techniques manipulatoires de la direction

Paris - La CFE-CGC d'Areva s'indigne mercredi, dans un courrier adressé à la ministre du Travail Myriam El Khomri, des techniques manipulatoires de la direction du groupe nucléaire qu'elle accuse de contourner les syndicats dans les négociations sociales, y voyant la légitimation des craintes qui s'expriment au sujet de la loi Travail.

Les techniques manipulatoires mises en oeuvre par la direction à l'encontre des salariés et des organisations syndicales dans une entreprise dont l'Etat est actionnaire à 87% sont extrêmement préoccupantes, écrit la CFE-CGC dans ce courrier dont l'AFP a eu copie.

Elles ne peuvent que conforter et légitimer les craintes exprimées par beaucoup sur la mise en oeuvre de la loi Travail, poursuit le syndicat.

Depuis début juin, des tables rondes ont été organisées avec les syndicats du groupe sur les conditions et le temps de travail, a expliqué à l'AFP Cyrille Vincent, coordinateur CFE-CGC. L'idée de la direction est, selon lui, de préparer la restructuration du groupe nucléaire, qui va être scindé en trois, en revoyant à la baisse les conditions de travail, le statut des salariés.

Des négociations sont prévues en septembre à ce sujet, a ajouté M. Vincent.

Mais parallèlement, la direction court-circuite les organisations syndicales, a-t-il dénoncé. Elle a choisi un panel test de salariés, pas représentatif, et organise des tables rondes entre eux et un consultant extérieur pour les sonder sur les mesures envisagées (augmentation du temps de travail...), a-t-il indiqué. Six réunions de ce type ont déjà eu lieu, selon lui.

Le contournement des organisations syndicales dans un groupe public, alors même qu'elles sont invitées à dialoguer sur le sujet hautement sensible du statut des salariés, contredit complètement le discours gouvernemental sur la primauté du dialogue social, écrit la CGE-CGC à la ministre du Travail.

Interrogé par l'AFP, le groupe Areva a estimé qu'il ne peut y avoir de monopole de discussion avec un interlocuteur. Il a ainsi indiqué avoir mis en place des groupes de travail avec des managers (7 groupes avec 12 managers) afin qu'ils enrichissent la réflexion, notamment sur l'évolution du forfait cadre.

Areva a assuré que son objectif était de pérenniser le contrat social du groupe tout en l'adaptant à ses enjeux actuels.

C'est le travail que nous avons commencé et nous allons bien entendu privilégier la négociation avec les organisations syndicales. Néanmoins, comme dans toute entreprise, le dialogue social s'appuie sur trois interlocuteurs: direction, organisations syndicales, salariés, a-t-il souligné.

Nous sommes au début du processus, notre volonté reste, comme nous l'avons fait depuis le début du plan de transformation de notre groupe, de nous appuyer sur un dialogue social constructif, a-t-il ajouté.

Dans une lettre adressée au DRH du groupe, la CFE-CGC a par ailleurs relevé que le recours à une société extérieure pour animer des réunions occultes au cours desquelles on tente de convaincre les salariés qu'ils coûtent trop cher, dans un groupe présenté comme exsangue financièrement, dépasse l'entendement !

Areva a annoncé mi-juin sa réorganisation, dans le cadre de la refonte de la filière nucléaire française. Les activités du cycle du combustible vont être regroupées au sein d'une nouvelle société, baptisée provisoirement New Co, tandis que l'activité réacteurs sera reprise par EDF. La maison mère Areva SA gardera la main sur les activités destinées à être cédées.

sp-mpa/cel/nas

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(©AFP / 22 juin 2016 18h24)