Arrestations "arbitraires" de Navalny : la CEDH se prononcera le 15 novembre

Strasbourg - La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) se prononcera le 15 novembre sur plusieurs requêtes d'Alexeï Navalny, l'opposant numéro un au président russe Vladimir Poutine, qui accuse Moscou d'arrestations "arbitraires", a-t-on appris jeudi auprès de la CEDH.

Le président de la Grande chambre, l'instance suprême de la Cour, rendra à 10H30 (09H30 GMT) cette décision définitive, non susceptible d'appel, a-t-on précisé de même source.

Alexeï Navalny, 42 ans, qui s'était présenté à l'audience, le 24 janvier, a annoncé sur son compte Instagram son intention de se rendre de nouveau à Strasbourg à cette occasion, information confirmée jeudi à l'AFP par son entourage.

Dénonçant le harcèlement des autorités russes à son égard, il demande aux 17 juges européens composant la Grande chambre de reconnaître les "motivations politiques" de ses nombreuses arrestations.

Moscou a la "volonté (...) d'exclure toute forme d'opposition", avait-il avancé à l'audience, argument vivement réfuté par les représentants du gouvernement russe, qui ont exclu toute motivation politique dans ses arrestations.

Le militant anticorruption, avocat de profession, a été arrêté à sept reprises par la police russe entre 2012 et 2014, en marge de rassemblements politiques contre le gouvernement.

A chaque fois, il a été conduit dans un poste de police, gardé pendant plusieurs heures et inculpé d'une infraction administrative pour "violation de la procédure établie de conduite des événements dans un lieu public" ou pour "désobéissance à une sommation légale de la police".

Selon la CEDH, toutes les inculpations ont conduit à un procès, à l'issue duquel il a été reconnu coupable d'une infraction. A cinq reprises, il a été condamné à une amende de 1.000 à 30.000 roubles (13 à 395 euros) et à deux reprises à une détention administrative de 7 et 15 jours.

L'opposant avait dénoncé en vain ces arrestations devant les juridictions russes avant de saisir la Cour de Strasbourg, introduisant cinq requêtes entre 2012 et 2014.

Il s'est dit victime "d'arrestations illégales" et de "privations de liberté arbitraires".

L'audience s'était tenue alors qu'Alexeï Navalny était frappé d'inéligibilité pour la présidentielle russe du 18 mars suivant. L'opposant avait appelé au boycott de ce scrutin remporté par Vladimir Poutine avec plus de 76% des voix.

(©AFP / 08 novembre 2018 14h30)
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