Athènes chiffre les réparations de guerre que lui devrait Berlin

L'Allemagne doit près de 279 milliards d'euros à la Grèce. Ce montant représente les réparations de guerre suite de l'occupation du pays par l'armée allemande de 1941 à 1944, a déclaré le vice-ministre grec des Finances, Dimitris Mardas.

Il a avancé lundi soir le chiffre de 278,7 milliards d'euros, en se fondant sur les calculs de la Cour des comptes grecque. Une commission parlementaire mise en place par le Premier ministre Alexis Tsipras pour s'occuper de ce dossier a commencé ses travaux mercredi dernier.

Berlin a rejeté à plusieurs reprises ces dernières semaines les demandes du nouveau gouvernement grec dirigé par le parti de la gauche radicale Syriza. L'Allemagne affirme que la question des réparations a déjà été réglée une fois pour toutes.

La commission parlementaire travaille aussi sur le remboursement d'un "prêt d'occupation" que la Banque de Grèce avait été forcée d'accorder à l'Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale et sur la restitution de trésors archéologiques.

A la mi-mars, le ministre grec de la Justice Nikos Paraskevopoulos s'était déclaré prêt à appliquer une décision de la Cour suprême datant d'il y a quinze ans. Celle-ci autorise la Grèce à confisquer des biens allemands pour verser des indemnités aux descendants des victimes d'un massacre commis par des Waffen SS en juin 1944 dans le village de Distomo.

Hache de guerre
Lors de sa visite à Berlin le 23 mars, Alexis Tsipras a adopté un ton plus modéré. mais la hache de guerre n'a pas été enterrée. Le Premier ministre grec accuse l'Allemagne d'avoir eu recours à des artifices juridiques afin de ne pas verser de réparations de guerre à Athènes.

"Après la réunification de l'Allemagne en 1990, les conditions juridiques et politiques étaient réunies pour régler cette question. Mais, depuis, tous les gouvernements allemands ont choisi le silence et les artifices juridiques, et traîné les pieds", a affirmé le Premier ministre grec le mois dernier lors d'un débat au Parlement.

Responsabilité morale
Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que son pays était tout à fait conscient de sa responsabilité morale et politique dans les "terribles événements" survenus en Grèce pendant la guerre.

Il a toutefois affirmé que le dossier des réparations était définitivement réglé, l'Allemagne ayant versé 115 millions de Deutsche Mark (62 millions de francs) en 1960 à la Grèce. "La probabilité (que l'Allemagne paie des indemnités de guerre à posteriori) est nulle", avait assuré début février le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel.

(ats / 07.04.2015 03h22)