Attaque chimique présumée en Syrie: le régime dément, accuse les rebelles

Damas - Le régime syrien a démenti toute implication dans l'attaque chimique présumée qui a tué mardi des dizaines de personnes dans une localité rebelle du nord-ouest du pays.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, cette attaque a fait au moins 58 morts et quelque 170 blessés à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb, contrôlée en quasi totalité par une alliance de rebelles et de jihadistes, notamment ceux de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Elle a entraîné des réactions outrées dans le monde entier, des pays comme les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pointant du doigt le régime du président Bachar al-Assad.

Mais l'armée syrienne a "démenti catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun aujourd'hui (mardi)" et assuré qu'elle "n'en avait jamais utilisé, à aucun moment, à aucun endroit et (qu'elle) ne le fera pas dans l'avenir", dans un communiqué publié par l'agence officielle Sana.

Et l'armée a accusé les insurgés d'être responsables de la tragédie: "Les groupes terroristes et ceux qui les soutiennent sont responsables d'avoir utilisé des substances chimiques et toxiques et d'avoir été négligents avec les vies de civils innocents".

L'agence officielle Sana a ensuite cité un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères indiquant que Damas "réitérait sa ferme condamnation du crime commis par les groupes terroristes armés à Khan Cheikhoun".

"La Syrie confirme qu'elle s'est soumise à toutes les obligations de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques depuis qu'elle l'a ratifiée en 2013", a ajouté ce responsable.

Damas a officiellement rendu en 2013 son arsenal chimique déclaré, au nom d'un accord russo-américain qui avait permis d'écarter la menace de frappes américaines contre le régime de Bachar al-Assad.

Les Etats-Unis avaient annoncé l'année suivante la fin des opérations de "neutralisation" des armes chimiques remises par le régime syrien mais ils s'étaient ensuite inquiétés de la possibilité que Damas ait omis d'en déclarer certaines.

Le régime de Damas a depuis été suspecté à plusieurs reprises d'avoir utilisé des armes chimiques, notamment par l'ONU pour au moins trois attaques au chlore en 2014 et 2015.


(©AFP / 04 avril 2017 19h42)
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